Paul Valéry : cette incertitude fait le sublime de ces métiers | Etre cinéaste, c'est chercher indéfiniment ce qu'est le Cinématographe

"- Mais cette incertitude fait le sublime de ces métiers, du moins chez ceux qui les sentent si fortement qu'ils leur tiennent lieu des instincts les plus énergiques, et des puissances de la foi. J'ai vu Mallarmé isolé dans sa vérité absolue poétique. J'ai vu Degas dans son inquiétude et dans son implacable critique de soi-même, essayant tous les procédés, poursuivant la forme avec une rigueur colérique, et multipliant les expériences pendant toute une longue et furieuse carrière. J'ai dit : instincts, - car ces volontés font penser à ce que l'on voit des fourmis que l'on veut empêcher de faire leur office, dont on barre le chemin, que l'on tente d'égarer, dont on vient de semer la route fatale d'obstacles ou d'y répandre des substances dégoûtantes ; mais que rien ne peut contraindre à ne pas s'efforcer de percer, de tourner, de franchir, assez semblables à l'eau ou à la charge électrique qui ne peuvent ne pas tendre vers leur équilibre.
(...) C'est pourquoi je dirai que d'être peintre c'est chercher indéfiniment ce qu'est la Peinture, et que d'être musicien, la Musique, et ainsi du reste."

Paul Valéry, 1940, Cahiers Poïétique, Pléiade 1046-1047

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Etre cinéaste, c'est chercher indéfiniment ce qu'est le Cinématographe

Robert Bresson tourne Au hasard Balthazar - Sortie 1966
Anne Wiazemsky : Marie

Robert Bresson tourne Au hasard Balthazar - Sortie 1966 - Anne Wiazemsky : Marie

 

 

 

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