Fellini : "(Les mots et dialogues), je les introduis après le tournage. L'acteur joue mieux ainsi, n'ayant pas le souci de se souvenir d'un texte. D'autant plus que très souvent je prends des gens qui ne sont pas des acteurs et pour qu'ils soient naturels, je leur fais dire ce qu'ils ont l'habitude de dire dans la vie courante. A un garçon de café il faut faire tenir des propos de garçon de café. Il m'arrive de faire réciter des prières, des listes de numéros. J'arrange tout au mixage." 

(Federico Fellini, Cahiers du cinéma n°229, mai-juin 1971, 
Fragment 732 page 584 de "Passage du cinéma, 4992")

Voir aussi : Fellini, choix des acteurs et des visages, travail avec les acteurs
- extrait, Fellini : "Mon travail avec les acteurs ne dérive jamais d'un raisonnement ou d'une discussion. Il se base plutôt sur une série de suggestions banales, tirées de l'observation de la vie courante. Dans ce domaine, j'ai une ressource : c'est d'observer l'acteur pendant les pauses, à table par exemple, quand on passe aux confidences, aux discussions sur la politique ; quand il parle avec les machinistes. Il m'arrive souvent de dire à un acteur : "Fais comme la fois où..." 
Et cette fois peut être justement une dispute avec un garçon au restaurant. A un acteur qui doit dire à son amant ou à son bourreau : "Une autre nuit comme celle-ci serait atroce !", je suggère : "Fais comme quand tu avais dit au garçon : Garçon, ce riz est trop cuit !" J'en arrive même à faire prononcer à l'acteur : "Garçon, ce riz est trop cuit !" à la place de ma phrase. Au doublage, je remets tout en ordre, et la nuit atroce reprend la place du riz trop cuit."

PASOLINI - FELLINI