"Quand Rohmer, renvoyé des Cahiers du cinéma, propose à Barbet Schroeder de "créer une autre revue", le cadet répond du tac au tac : "Allons de l'avant, faisons des films..."

(...)

On a beaucoup dit que son éviction des Cahiers avait engagé (Rohmer) dans la voie de la réalisation, et qu'en définitive il ne serait devenu pleinement cinéaste que grâce à cette épreuve. L'intéressé lui-même n'est pas loin de partager cette idée, évoquant, mais bien des années plus tard, une "conspiration très amusante" à ce propos, ou écrivant, à la mort de Truffaut, en 1984 : "Je dois dire que j'ai, d'une certaine façon, une dette de reconnaissance très grande à lui payer. Il y a eu une petite querelle avec lui qui, finalement, s'est tournée à mon avantage. Disons qu'il a pesé dans la décision des Cahiers du cinéma de me remplacer par Rivette en 1963. Je puis dire maintenant qu'il a eu raison, dans la mesure où je ne suis pas vraiment un journaliste et que j'avais mieux à faire comme cinéaste".

(...)

Jacques Doniol-Valcroze garde un très mauvais souvenir de cet épisode [de l'histoire des Cahiers du cinéma] : "Se dire qu'un jour, on a mis à la porte M. Rohmer"."

 

(Antoine de Baecque et Noël Herpe,
ERIC ROHMER,
Stock 2014,
Extraits des pages 164, 156-157, 154)

Livre Antoine de Baecque et Noël Herpe, ERIC ROHMER, Stock 2014

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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