"Quand Rohmer, renvoyé des Cahiers du cinéma, propose à Barbet Schroeder de "créer une autre revue", le cadet répond du tac au tac : "Allons de l'avant, faisons des films..."

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On a beaucoup dit que son éviction des Cahiers avait engagé (Rohmer) dans la voie de la réalisation, et qu'en définitive il ne serait devenu pleinement cinéaste que grâce à cette épreuve. L'intéressé lui-même n'est pas loin de partager cette idée, évoquant, mais bien des années plus tard, une "conspiration très amusante" à ce propos, ou écrivant, à la mort de Truffaut, en 1984 : "Je dois dire que j'ai, d'une certaine façon, une dette de reconnaissance très grande à lui payer. Il y a eu une petite querelle avec lui qui, finalement, s'est tournée à mon avantage. Disons qu'il a pesé dans la décision des Cahiers du cinéma de me remplacer par Rivette en 1963. Je puis dire maintenant qu'il a eu raison, dans la mesure où je ne suis pas vraiment un journaliste et que j'avais mieux à faire comme cinéaste".

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Jacques Doniol-Valcroze garde un très mauvais souvenir de cet épisode [de l'histoire des Cahiers du cinéma] : "Se dire qu'un jour, on a mis à la porte M. Rohmer"."

 

(Antoine de Baecque et Noël Herpe,
ERIC ROHMER,
Stock 2014,
Extraits des pages 164, 156-157, 154)

Livre Antoine de Baecque et Noël Herpe, ERIC ROHMER, Stock 2014