Jean-Luc Godard : "J’improvise, sans doute, mais avec des matériaux qui datent de longtemps. On recueille pendant des années des tas de choses, et on les met tout à coup dans ce qu’on fait. Mes premiers courts métrages étaient très préparés et tournés très vite. A bout de souffle a été commencé ainsi. J’avais écrit la première scène (Jean Seberg sur les Champs-Elysées) et, pour le reste, j’avais énormément de notes correspondant à chaque scène. Je me suis dit : c’est affolant ! J’ai tout arrêté. Puis j’ai réfléchi : en un jour, si on sait s’y prendre, on doit arriver à tourner une dizaine de plans. Seulement, au lieu de trouver longtemps avant, je trouverai juste avant. Quand on sait où l’on va, ce doit être possible. Ce n’est pas de l’improvisation, c’est de la mise au point de dernière minute. Evidemment, il faut avoir et garder la vue d’ensemble, on peut la modifier pendant un certain temps, mais, à partir du tournage elle doit changer le moins possible, sinon c’est catastrophique. J’ai lu dans Sight and Sound que je faisais une improvisation dans le style Actors’ Studio, avec des acteurs à qui l’on dit : tu es untel, donc tu agis à partir de çà. Mais jamais le dialogue de Belmondo n’a été inventé par lui. Il était écrit : seulement, les acteurs ne l’apprenaient pas, le film était tourné en muet et je soufflais les répliques."

CAHIERS DU CINEMA N°138
DECEMBRE 1962

Photo :

A BOUT DE SOUFFLE, un film de JEAN-LUC GODARD, avec Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo
Sortie France 1960

 

---

 

Jean-Paul Belmondo :

"Godard improvisait sur du dur, ses imitateurs moulinent dans le vide. (...) Il était très précis. J'aurais voulu continuer dans ce style-là, mais lui seul est arrivé à réussir cette sorte de cinéma : une improvisation sur des bases solides, un peu comme la Commedia dell'arte autrefois.
(...) Il a donné une leçon technique qui n'a pas été suivie, parce qu'on a quand même toujours tendance dans le cinéma à emmerder les gens avec les raccords, ou les impossibilités de synchroniser. (...)
Pour un acteur, c'était une aventure extraordinaire, j'avais toutes les audaces, pensant que le film ne sortirait jamais."

(Le Film français n°1613, 20 février 1976 - A bout de souffle et Pierrot le fou -
-- extraits du Fragment 3743, page 32 de "Passage du cinéma 4992")

A BOUT DE SOUFFLE - Un film de JEAN-LUC GODARD, avec Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

nouveautés ~ art de l'acteur ~ cinéastes ~ art du théâtre ~ meilleurs films ~ top 100 ~ modact

Antonioni Bergman Bresson Cronenberg Fellini Godard Hitchcock Jouvet Labed Lynch Malick Mnouchkine Portman Rohmer Sautet Scorsese Truffaut Vitez Welles

masters of cinema | films actors directors

a-z videos / new videos / actrice demo / facebook

 

films7 | films actors directors