Federico Fellini :

"Les producteurs sont de doux prophètes de l'intuition du public, et le pire c'est que presque toujours leur idée du public, leur dialogue et leur flair sont inexacts et malchanceux : ils se nourrissent d'une conception du "commercial", du "sortable" qui est une véritable excogitation maniaque, un schéma abstrait, empiré par une espèce d'intellectualisme plébéien et de mysticisme catégorique, qui dominent une réalité inventée par eux-mêmes, inexistante, contrefaite. Ils finissent toujours par faire des films qui sont non seulement moches, mais aussi peu commercialisables, alors que la plupart des films dont on se rappelle ont été réalisés malgré les producteurs. (...) 

Cela dit, je suis obligé d'ajouter que, personnellement, j'ai vraiment besoin du producteur. Non seulement pour la question (de prime importance !) de l'avance, mais pour être stimulé à défendre mon film, à le protéger de toutes les attaques, les pièges, les défigurations, les embûches masquées en conseils affectueux, les trahisons, les impositions qui le menacent dès le moment où, le producteur d'un côté et moi de l'autre, nous avons décidé de le faire naître. Cette lutte contre le producteur pour défendre le film est en somme un avantage pour le film, car lutter signifie se charger d'énergie agressive, et l'énergie est une bonne chose, vitale pour la créativité. Vive le producteur !" 

(Federico Fellini, entretien, 
in Le Cinéma italien parle, Aldo Tassone, 
Editions Edilig, pages 111-112)

Federico Fellini : la plupart des films dont on se rappelle ont été réalisés malgré les producteurs