Federico Fellini :

"Les producteurs sont de doux prophètes de l'intuition du public, et le pire c'est que presque toujours leur idée du public, leur dialogue et leur flair sont inexacts et malchanceux : ils se nourrissent d'une conception du "commercial", du "sortable" qui est une véritable excogitation maniaque, un schéma abstrait, empiré par une espèce d'intellectualisme plébéien et de mysticisme catégorique, qui dominent une réalité inventée par eux-mêmes, inexistante, contrefaite. Ils finissent toujours par faire des films qui sont non seulement moches, mais aussi peu commercialisables, alors que la plupart des films dont on se rappelle ont été réalisés malgré les producteurs. (...) 

Cela dit, je suis obligé d'ajouter que, personnellement, j'ai vraiment besoin du producteur. Non seulement pour la question (de prime importance !) de l'avance, mais pour être stimulé à défendre mon film, à le protéger de toutes les attaques, les pièges, les défigurations, les embûches masquées en conseils affectueux, les trahisons, les impositions qui le menacent dès le moment où, le producteur d'un côté et moi de l'autre, nous avons décidé de le faire naître. Cette lutte contre le producteur pour défendre le film est en somme un avantage pour le film, car lutter signifie se charger d'énergie agressive, et l'énergie est une bonne chose, vitale pour la créativité. Vive le producteur !" 

(Federico Fellini, entretien, 
in Le Cinéma italien parle, Aldo Tassone, 
Editions Edilig, pages 111-112)

Federico Fellini : la plupart des films dont on se rappelle ont été réalisés malgré les producteurs

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

nouveautés ~ art de l'acteur ~ cinéastes ~ art du théâtre ~ meilleurs films ~ top 100

Antonioni Bergman Bresson Cronenberg Fellini Godard Hitchcock Jouvet Labed Lynch Malick Mnouchkine Portman Rohmer Sautet Scorsese Truffaut Vitez Welles

masters of cinema | films actors directors

a-z videos / new videos / facebook

 

films7 | films actors directors