Federico Fellini :

"On m'a souvent accusé d'être antiféministe, mais moi je n'ai pas l'impression d'avoir fait des films antiféministes. Je dirai même que j'ai toujours raconté l'histoire du mâle italien, lâche, égoïste, puéril. Les femmes de mes films sont toujours vues à travers les yeux d'un protagoniste masculin qui est prisonnier de certains tabous, conditionné par une éducation catholique, éducation qui a déformé ses rapports avec lui-même et avec les autres. 

Il me semble que j'ai toujours souligné cet aspect et par conséquent l'exigence, pour l'homme italien, de croître, de mûrir, d'instaurer de nouveaux rapports en particulier avec la femme. Par ailleurs, moi aussi, je suis italien et si, d'un côté, il m'est permis de témoigner sur cette manière fascinée et erronée de voir la femme, de l'autre, je projette moi-même sur elles toutes mes obscurités, toutes mes inhibitions. Je suis fasciné par la femme comme quelqu'un qui n'est pas parvenu à un détachement conscient et objectif, et qui par ailleurs ne veut pas y parvenir. 

Je crois que l'homme qui réussit à dépasser les conditionnements qui l'emprisonnent et qui réussit à s'en nourrir pour tourner son attention vers d'autres horizons, je crois que cet homme-là est plus heureux que celui qui, libéré de tous tabous, trouve ensuite devant lui le vide. C'est le cas de nombreux jeunes d'aujourd'hui."

(Federico Fellini, entretien, 
in Le Cinéma italien parle, Aldo Tassone, 
Editions Edilig, page 119)

Photo :

Federico Fellini : La Cité des femmes (1980) : 

"Que ce calife lugubre, exsangue et épuisé sache enfin que nous ne sommes pas des Martiennes !"

 

Federico Fellini - La Cité des femmes : Que ce calife lugubre, exsangue et épuisé sache enfin que nous ne sommes pas des Martiennes !