Pierre Richard :

"le comique nécessite une mécanique, une arithmétique très précise ; et il n'y a rien de plus vrai, en ce qui concerne le comique, que : "Deux secondes d'avance et c'est fichu, deux secondes de retard et c'est rapé aussi". (...) Ou alors on tombe rapidement dans une sorte de rigolade de chapelle, comme lorsqu'on est en forme, qu'on a bu du champagne, qu'on est entre copains qui s'amusent bien : alors on s'amuse sur le plateau, on se dit : "Oh ! que c'est drôle, ça", mais quand ensuite on le replace deux mois plus tard dans un contexte précis - c'est-à-dire au montage - ça ne tient pas debout.

Je crois que les films que j'ai faits dans la décontraction étaient les moins bons ; et que ceux que j'ai faits dans la rigueur et la contrainte ont été plutôt les meilleurs. (...) Finalement, il n'y a que le travail... L'idée, c'est autre chose : on peut l'avoir dans une voiture ou en marchant. Mais après, c'est le travail. (...)

Les scénarios de Veber, ce sont toujours des horlogeries d'une précision étonnante : on ne peut rien enlever, ni rien ajouter. En général, il a tout vu, tout prévu : il fait quatre ou cinq versions avant d'arriver à son film."

(Le scénario des cinéastes, Le gagman et l'inspirateur,
entretien avec Pierre Richard,
Cahiers du cinéma 371/372,
numéro spécial Cinéma Français : L'enjeu scénario, mai 1985 - Extraits)

Pierre Richard : La Chèvre - un film de Francis VEBER