Terrence Malick

"Les gens croient que lorsqu'on a souffert dans la vie, on se comporte comme un animal blessé, que l'on montre ses blessures comme si elles étaient survenues la veille. Et c'est ce qui se passe souvent au cinéma. Mais dans la vie, la souffrance des gens est cachée, c'est leur seule façon de survivre. C'est ce qui arrive à Kit. Et loin de les avoir grandis, de les avoir rendus plus "profonds" et inoffensifs, ce qui est un mythe auquel croient les Américains, la souffrance, au contraire, les a rendus mesquins, étroits d'esprit et durs. C'est ainsi que Kit est devenu narcissique, mais pas dans le sens d'une recherche de la racine de ses problèmes, bien plutôt comme un poseur qui n'aime pas être ce qu'il est."

(Entretien avec Terrence Malick, par Michel Ciment,
Los Angeles, 24 mars 1975,
Positif n°170, juin 1975,
à propos du film "Badlands",
in Passage du cinéma, 4992, fragment 3514d, page 201)

Photo :

La Balade sauvage (Badlands) - Un film de Terrence Malick - 1973

Martin Sheen : Kit Carruthers
Sissy Spacek : Holly Sargis

 

La Balade sauvage (Badlands) Terrence Malick - 1973 | Martin Sheen : Kit Carruthers - Sissy Spacek : Holly Sargis

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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