Photo : TNS 15 au 27 septembre 2015 : "Clôture de l'amour" de Pascal Rambert avec Stanislas Nordey et Audrey Bonnet (actrice associée). "Deux monologues qui vont au bout de leur pensée, deux longues phrases qui ne sauraient s’interrompre, manière de solder les vieux comptes et marquer dans une langue poussée à bloc le territoire des corps… » Tanguy Viel - Photo : M. Domage

 

Stanislas Nordey : "J'avance à l'aveugle avec mon instinct. Je sens les textes comme un animal. Je n'ai pas de démarche. Je n'ai pas forcément des choses à dire sur le monde. Je m'en remets au hasard des rencontres et des lectures. Je suis un peu un vagabond. Je m'en remets au hasard des textes. J'erre de texte en texte, sans avoir une ligne de sens prédéterminée. Je ne charrie pas une philosophie quand je choisis un texte. J'apprends. Un texte est un objet d'étude. Je vagabonde d'objet en objet. Ce qui me fait tenir de texte en texte, c'est la force formelle du texte. (...)

Après, c'est le spectateur qui comprend de quoi ça parle. Je ne cherche pas à savoir pourquoi un texte me touche dans son contenu. Il y a un mystère. Il est motivant. Il faut faire confiance au mystère. Il ne faut pas que le mystère soit révélé. Je ne dois pas le révéler. Je dois laisser cette zone d'énigme pour qu'elle soit active. Ce qui est beau est ce qui échappe. Ne pas résoudre. L'irrésolu. (...)

Pour moi, le théâtre ce n'est pas l'endroit de la résolution. D'où "théâtre de poésie". (...) Pour moi c'est l'essence du théâtre."

in Frédéric Vossier, Stanislas Nordey, locataire de la parole, Editions Les Solitaires Intempestifs, pages 197-198

 

Photo : TNS 15 au 27 septembre 2015 : "Clôture de l'amour" de Pascal Rambert avec Stanislas Nordey et Audrey Bonnet (actrice associée). "Deux monologues qui vont au bout de leur pensée, deux longues phrases qui ne sauraient s’interrompre, manière de solder les vieux comptes et marquer dans une langue poussée à bloc le territoire des corps… » Tanguy Viel - Photo : M. Domage

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Marcel Proust, Le Temps Retrouvé : "car cet écrivain, qui, d'ailleurs, pour chaque caractère, aurait à en faire apparaître les faces les plus opposées, pour faire sentir son volume comme celui d'un solide devrait préparer son livre minutieusement, (...)  le créer comme un monde, sans laisser de côté ces mystères qui n'ont probablement leur explication que dans d'autres mondes et dont le pressentiment est ce qui nous émeut le plus dans la vie et dans l'art."

Photo : TNS 15 au 27 septembre 2015 : "Clôture de l'amour" de Pascal Rambert avec Stanislas Nordey et Audrey Bonnet (actrice associée). "Deux monologues qui vont au bout de leur pensée, deux longues phrases qui ne sauraient s’interrompre, manière de solder les vieux comptes et marquer dans une langue poussée à bloc le territoire des corps… » Tanguy Viel - Photo : M. Domage

 

AUDREY BONNET

Clôture de l'amour, TNS 2015 - Photo M. Domage

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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