Stéphane Braunschweig : C'est un peu le rôle de cette jeune fille sauvage dans Brand, Gerd : être celle qui arrive et qui dit : tu es aussi toi-même ce vautour noir contre lequel tu luttes

 

Stéphane Braunschweig : "Ce qui est très intéressant du point de vue politique chez Ibsen, c'est ce mélange de progressisme parfois très affirmé - le discours sur les femmes - et d'une sorte d'anarchisme de droite... Ibsen mise sur l'individu, pas sur l'Etat (...)."

"Gynt (...), Brand (...) Un individualisme qui leur est commun bien qu'il se présente sous des visages opposés : il s'exprime pour Peer Gynt par un total désengagement, pour Brand par un total engagement, mais un engagement qui échoue à fonder toute communauté tellement il est radical. (...)

C'est ça qui retourne le venin du scorpion contre lui. Car la question de l'individualisme est ambiguë : il y a une positivité de l'individualisme - c'est le coup de pied dans la fourmilière conformiste, dans la médiocrité. Pour Ibsen, il est évident que seule une individualité forte et affirmative en est capable. Le théâtre permet de dire ça et en même temps il dit aussi la négativité de l'individualisme : l'extrêmisme qui enferme l'individu dans sa solitude et le conduit forcément à sa propre perte et à la perte des siens. C'est un peu le rôle de cette jeune fille sauvage dans Brand, Gerd : être celle qui arrive et qui dit : Le bien absolu peut être le mal absolu ; tu peux passer de l'église toujours trop petite à l'église de glace destinée à crouler sous l'avalanche, tu es aussi toi-même ce vautour noir contre lequel tu luttes. A travers Gerd, c'est comme s'il percevait sa propre dimension destructrice."

Entretien avec Anne-Françoise Benhamou,
in Stéphane Braunschweig, Petites portes, Grands paysages, Ecrits, suivis d'entretiens avec Anne-Françoise Benhamou, Le Temps du théâtre / Actes SUD, extraits des pages 274 à 278
(Entretien réalisé plusieurs mois en amont des répétitions de Brand, publié dans LEXI / textes 8, L'Arche éditeur, 2004)

Photo : Brand (Henrik IBSEN) - Salle Bernard–Marie Koltès - TNS Théâtre National de Strasbourg 22 février - 20 mars 2005. Brand: Philippe Girard - His mother, a woman, a villager: Hélène Schwaller - Agnes: Pauline Lorillard - The mayor: John Arnold - Gerd, the gipsy woman: Bénédicte Cerutti - Einar, a messenger, the schoolmaster: Claude Duparfait - A peasant, the boat owner, the doctor, the dean: Jean-Marc Eder - The son of the peasant, Brand's follower, the sexton: Grégoire Tachnakian - Villagers: Bénédicte Loux, Daniel Masson, Vincent Rousselle - Director: Stéphane Braunschweig - Set designer: Stéphane Braunschweig

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

nouveautés ~ art de l'acteur ~ cinéastes ~ art du théâtre ~ meilleurs films ~ top 100

Antonioni Bergman Bresson Cronenberg Fellini Godard Hitchcock Jouvet Labed Lynch Malick Mnouchkine Portman Rohmer Sautet Scorsese Truffaut Vitez Welles

masters of cinema | films actors directors

a-z videos / new videos / facebook

 

films7 | films actors directors