Marina Abramowicz

 

"...tout est imprévisible parce que tout dépend du comportement des spectateurs..."

Hans-Thies Lehmann : "(...) La performance recentrée sur le corps et la personne est très souvent une "affaire de femmes". Parmi les plus connues : Rachel Rosenthal, Carolee Schneemann, Joan Jonas, Laurie Anderson, Orlan. Le corps féminin en tant que surface de projection d'idéaux, de souhaits, de désirs et d'humiliations socialement codifiée fut fortement thématisé ici, alors que la critique féministe allait plutôt s'attacher à mettre en exergue que l'image de la femme codée par les hommes, tout comme l'identité du sexe, est une construction et faisait prendre conscience des projections du regard masculin. (...)

Dans d'autres performances, c'est plutôt la réalité du corps menacé qui primera sur les autres sujets. Lorsque Marina Abramowicz se présente aux spectateurs, leur faisant part que la règle du jeu consistait pour eux à faire d'elle tout ce qui leur chantait, là, la perception doit permuter  en une expérience de la responsabilité. Au cours de cette performance où l'absence de limites poussait les visiteurs à la provocation, certains se livrèrent ouvertement à des agressions : quand quelqu'un mit un revolver chargé dans la main de l'artiste et le braqua sur sa tempe, la performance dut être interrompue. Ici, le danger et la douleur sont le résultat d'une passivité intentionnelle ; tout est imprévisible parce que tout dépend du comportement des spectateurs."

Théâtre et Performance,
Hans-Thies Lehmann, Le Théâtre postdramatique, L'Arche, pages 225-226

-> Cf Un article plus précis sur le déroulé de la performance de Marina Abramowicz et le comportement des spectateurs

 

Hans-Thies Lehmann : Dans d'autres performances, c'est la réalité du corps menacé : lorsque Marina Abramowicz se présente aux spectateurs, leur faisant part que la règle du jeu consistait pour eux à faire d'elle tout ce qui leur chantait
Hans-Thies Lehmann : Dans d'autres performances, c'est la réalité du corps menacé : lorsque Marina Abramowicz se présente aux spectateurs, leur faisant part que la règle du jeu consistait pour eux à faire d'elle tout ce qui leur chantait