André Wilms : Les images dont la société a besoin. La société a besoin de ses propres représentations et nous (acteurs) en sommes souvent les instruments

André Wilms, acteur : "J'ai lu un livre qui s'interrogeait sur les images dont la société avait besoin. En suivant le cinéma américain, on observe qu'à un moment où la société américaine est triomphante, les acteurs font un mètre quatre-vingt-dix - John Wayne, Gary Cooper, Cary Grant, Robert Mitchum. Ils incarnent une certaine idée de l'Amérique. Après la défaite du Viêt-Nam arrivent les petits, les maigrichons. De Niro, Dustin Hoffman, Al Pacino, les Italo-Américains un peu ringards, un peu nerveux, sniffant de la cocaïne, et ce sont les images dont la société a besoin. C'est aussi la société qui nous fabrique. Il faut arrêter de penser que nous sommes simplement nous-mêmes, des êtres qui agissons. La société a besoin de ses propres représentations et nous en sommes souvent les instruments."

Table ronde : L'acteur comme formateur,
Actes du Colloque international sur la formation de l'acteur
organisé par L'Université du Québec à Montréal et l'Université Paris X - Nanterre
au Théâtre National de la Colline, Paris, avril 2001.
Page 247 de L'Ecole du Jeu, sous la direction de Josette Féral.
Former ou transmettre... les chemins de l'enseignement théâtral, Collection Les Voies de l'Acteur, L'Entretemps Editions

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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