Fraisse : les maisons chez Malick sont particulièrement ouvertes. La maison des Moissons du ciel... Maison vraiment étrange, qui semble branchée directement sur les flux aériens et aquatiques ; aéronef posé temporairement dans la prairie...

"Le fait est que les maisons chez Malick sont particulièrement ouvertes. La maison des Moissons du ciel semble toujours ouverte à tous vents, carrefour de courants d'airs davantage qu'abri protecteur. Posée sur un paysage auquel elle n'est pas intégrée, elle est sans racines comme son propriétaire. Ce dernier ne semble pas avoir de parents : c'est littéralement un homme sans patrie, posé momentanément dans ce coin du Texas dans le seul et unique but de faire un coup, amasser une certaine quantité d'argent puis partir. C'est d'ailleurs ce que lui conseille le vieux contremaître qui, avec sa figure de Vulcain, semble l'aimer d'un amour de père. Mais le désir de femme est plus fort, et le propriétaire sans racine décide de s'attarder et de prendre le temps d'aimer. Maison vraiment étrange, qui semble branchée directement sur les flux aériens et aquatiques. Il semble qu'il suffise de sortir de la maison pour se retrouver au bord d'une rivière, comme lors de l'entrevue nocturne des deux amants. Les avions du cirque volant atterrissent tout près de la maison. Celle-ci est d'ailleurs surmontée d'une girouette-anémomètre, dont on entend presque systématiquement le bruit de rotation de l'hélice dès qu'on voit la maison : ce montage audiovisuel suggère que la maison est en fait un aéronef posé temporairement dans la prairie, prêt à s'envoler pour de nouvelles destinations dès que son maître le décidera."

Philippe Fraisse, Un jardin parmi les flammes, Le cinéma de Terrence Malick, Editions Rouge Profond, pages 84-85

Fraisse : les maisons chez Malick sont particulièrement ouvertes. La maison des Moissons du ciel... Maison vraiment étrange, qui semble branchée directement sur les flux aériens et aquatiques ; aéronef posé temporairement dans la prairie...
Fraisse : les maisons chez Malick sont particulièrement ouvertes. La maison des Moissons du ciel... Maison vraiment étrange, qui semble branchée directement sur les flux aériens et aquatiques ; aéronef posé temporairement dans la prairie...
Fraisse : les maisons chez Malick sont particulièrement ouvertes. La maison des Moissons du ciel... Maison vraiment étrange, qui semble branchée directement sur les flux aériens et aquatiques ; aéronef posé temporairement dans la prairie...
Fraisse : les maisons chez Malick sont particulièrement ouvertes. La maison des Moissons du ciel... Maison vraiment étrange, qui semble branchée directement sur les flux aériens et aquatiques ; aéronef posé temporairement dans la prairie...

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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