Stéphane Braunschweig : "Il y a une fracture entre les metteurs en scène qui envisagent le texte comme texte et ceux qui l'envisagent comme matériau. (...) Ce qui fait la différence, c'est la place de l'auteur. Si le texte est un matériau, on peut faire du copier-coller à partir de tel ou tel aspect du texte : ses thèmes, éventuellement ses personnages, ou même l'histoire ou des bouts d'histoire. Il s'agit de transformer ce matériau et de se transformer en auteur. Au contraire, travailler le texte comme texte, c'est présupposer qu'il y a une cohérence - avec toutes ses contradictions. C'est se dire que cette chose-là a été pensée, voulue, y compris inconsciemment, et qu'elle forme un tout : le tout d'un auteur. C'est pour ça que je répugne a priori à couper, à modifier, à adapter. Et quand je défends des textes, je ne défends pas "le texte", je défends l'idée qu'il y a des auteurs qui disent sur le monde des choses intéressantes pour nous. (La figure de l'auteur) pour moi elle est fondamentale. Ce n'est pas par hasard que je monte toujours les mêmes auteurs. J'ai énormément de mal à m'ouvrir à d'autres oeuvres. (...) Mon travail est un parcours avec des auteurs. (...) Explorer en permanence ce qui peut se formuler et ce qui ne peut pas se formuler, ça fait partie de mon quotidien. (...)"

Entretien avec Anne-Françoise Benhamou, OutreScène n°5, "Dialogues avec les classiques", revue du Théâtre national de Strasbourg, mai 2005,
in Stéphane Braunschweig, Petites portes, Grands paysages, Ecrits, suivis d'entretiens avec Anne-Françoise Benhamou, Le Temps du théâtre / Actes SUD, pages 289-290 (extraits)

Stéphane Braunschweig, Petites portes, Grands paysages, Ecrits, Le Temps du théâtre / Actes SUD