Le tourment de Luchini : les grandes oeuvres sont souvent sombres et perturbantes, de quel droit les proposer aux gens en les arrachant à leur bonheur facile ?

Fabrice Luchini : "Laurent Terzieff me disait toujours que si dans une salle de plus de mille personnes, cinq ressortent en ayant été sensibilisés au mystère de la littérature, la soirée était réussie. Moi je ne ressens pas ça du tout. Aucune envie chrétienne. Finalement, je n'ai jamais résolu un truc étrange. Je propose des textes ahurissants, je me confronte à eux jusqu'à l'épuisement. Ils sont ma raison d'être, et je souffre que des gens heureux viennent les entendre. Qui sont à mon humble avis assez loin des problèmes de l' "Alchimie du verbe". En disant "A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert" j'ai senti dans le public un trouble, presque un désarroi. J'avais le souvenir des remerciements des sponsors dix minutes avant d'entrer en scène (...). Les banques, des magasins de vêtements, les hôtels, etc."

"Cette obsession de la droite et de la gauche à vouloir faire lire les gens : mais de quel droit (...) ?"

Ramatuelle, 10 août 2015,
Fabrice Luchini, Comédie française, Flammarion, page 101 et page 226

Fabrice Luchini : Aucune envie chrétienne. Je n'ai jamais résolu un truc étrange. Je propose des textes ahurissants, je me confronte à eux jusqu'à l'épuisement. Ils sont ma raison d'être, et je souffre que des gens heureux viennent les entendre

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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