Le tourment de Luchini : les grandes oeuvres sont souvent sombres et perturbantes, de quel droit les proposer aux gens en les arrachant à leur bonheur facile ?

Fabrice Luchini : "Laurent Terzieff me disait toujours que si dans une salle de plus de mille personnes, cinq ressortent en ayant été sensibilisés au mystère de la littérature, la soirée était réussie. Moi je ne ressens pas ça du tout. Aucune envie chrétienne. Finalement, je n'ai jamais résolu un truc étrange. Je propose des textes ahurissants, je me confronte à eux jusqu'à l'épuisement. Ils sont ma raison d'être, et je souffre que des gens heureux viennent les entendre. Qui sont à mon humble avis assez loin des problèmes de l' "Alchimie du verbe". En disant "A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert" j'ai senti dans le public un trouble, presque un désarroi. J'avais le souvenir des remerciements des sponsors dix minutes avant d'entrer en scène (...). Les banques, des magasins de vêtements, les hôtels, etc."

"Cette obsession de la droite et de la gauche à vouloir faire lire les gens : mais de quel droit (...) ?"

Ramatuelle, 10 août 2015,
Fabrice Luchini, Comédie française, Flammarion, page 101 et page 226

Fabrice Luchini : Aucune envie chrétienne. Je n'ai jamais résolu un truc étrange. Je propose des textes ahurissants, je me confronte à eux jusqu'à l'épuisement. Ils sont ma raison d'être, et je souffre que des gens heureux viennent les entendre