Stanislavski : "Quel acteur, metteur en scène, ou critique, sans parler du public saura séparer la pièce de l'interprétation, le metteur en scène de l'acteur, l'acteur de son rôle ? J'ose le dire : dans n'importe quelle critique, on rencontre toujours ce manque d'expérience et cette incompréhension. On adresse des louanges à l'acteur qui s'adressent au metteur en scène, ou au metteur en scène - à la place du poète, ou au poète - quand il s'agit de l'acteur, etc.

Il est difficile de comprendre notre art. D'abord, parce qu'il n'a pas une base élaborée, ensuite parce que au lieu d'éclairer cette base, on l'a assombrie par des conventions et des traditions, et enfin parce qu'on ne peut l'étudier qu'en le pratiquant.

- Notre théâtre était intéressant, mais aujourd'hui il régresse, - dit le public et il ne vient plus au théâtre.

En effet, que s'est-il passé ?

Au début notre théâtre était mauvais, parce qu'on n'avait pas encore assez joué, parce qu'on n'avait pas encore créé une école, formé des acteurs, mais il y avait un bon auteur, russe en plus, et qui était spirituellement proche de nous (Tchekhov). Mais quand le théâtre et les acteurs sont devenus grands, le théâtre a cessé d'être intéressant. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas d'auteurs, et que l'auteur au théâtre ce n'est pas le dernier des derniers."

(Constantin Stanislavski, Notes artistiques, Troisième Cahier, 1908-1913, Collection "Penser le théâtre", Circé / Théâtre National de Strasbourg, page 250)

Aleksandrov - The Blue Bird (Maurice Maeterlinck) - Moscow Art Theatre 1908

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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