Stanislavski : "Quel acteur, metteur en scène, ou critique, sans parler du public saura séparer la pièce de l'interprétation, le metteur en scène de l'acteur, l'acteur de son rôle ? J'ose le dire : dans n'importe quelle critique, on rencontre toujours ce manque d'expérience et cette incompréhension. On adresse des louanges à l'acteur qui s'adressent au metteur en scène, ou au metteur en scène - à la place du poète, ou au poète - quand il s'agit de l'acteur, etc.

Il est difficile de comprendre notre art. D'abord, parce qu'il n'a pas une base élaborée, ensuite parce que au lieu d'éclairer cette base, on l'a assombrie par des conventions et des traditions, et enfin parce qu'on ne peut l'étudier qu'en le pratiquant.

- Notre théâtre était intéressant, mais aujourd'hui il régresse, - dit le public et il ne vient plus au théâtre.

En effet, que s'est-il passé ?

Au début notre théâtre était mauvais, parce qu'on n'avait pas encore assez joué, parce qu'on n'avait pas encore créé une école, formé des acteurs, mais il y avait un bon auteur, russe en plus, et qui était spirituellement proche de nous (Tchekhov). Mais quand le théâtre et les acteurs sont devenus grands, le théâtre a cessé d'être intéressant. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas d'auteurs, et que l'auteur au théâtre ce n'est pas le dernier des derniers."

(Constantin Stanislavski, Notes artistiques, Troisième Cahier, 1908-1913, Collection "Penser le théâtre", Circé / Théâtre National de Strasbourg, page 250)

Aleksandrov - The Blue Bird (Maurice Maeterlinck) - Moscow Art Theatre 1908