CAHIERS DU CINEMA à MARTIN SCORSESE :

"La musique du film (Casino) est extraordinaire. Surtout celle du Mépris, qui est d'abord utilisée dans la scène entre Pesci et De Niro... Pourquoi l'avoir choisie pour cette scène ? On a l'impression que la vraie histoire d'amour est entre eux".

MARTIN SCORSESE :

"Ils s'aiment toujours, mais ils sont, tous les deux, allés trop loin. Ils ne peuvent plus faire machine arrière. Lors de la rencontre dans le désert, Ace est comme pétrifié, il ne peut pas dire un mot, ni faire un pas. Rosenthal me l'a raconté comme cela : "Je n'étais pas sûr d'en revenir vivant". C'était pourtant son meilleur ami. (...)

Pour revenir à la musique, j'ai pris celle du Mépris parce que je ne voulais pas de musique classique, dans la mesure où il y a déjà Bach au début et à la fin. J'ai donc écouté beaucoup de musique, mais je ne voulais pas que la partition aille à l'encontre de la musique populaire qu'on entend dans le film : les gens entendent la musique composée pour le film, et ils font tout de suite la différence - Little Richard, Dean Martin, etc., ce n'est pas de la "musique de film", c'est la réalité. Je voulais garder l'esprit des années 70 ; mais si le public entend soudain une musique de compositeur, il se dit : "Je suis dans un film", et c'est ce que je voulais éviter. (...) Quelqu'un m'a donc fait écouter la musique du Mépris, et je l'ai trouvée parfaite. C'est un hommage : mes deux films préférés de Godard sont Le Mépris et Vivre sa vie. J'imagine que je ne suis pas assez "dans le coup" pour m'intéresser à ses films plus expérimentaux (rires). J'aime ses autres films, chacun d'eux est un voyage, une redéfinition du cinéma et de son langage. Mais ceux qui m'ont le plus ému sont sans doute ces deux-là. J'adore Le Mépris, ses couleurs, l'usage du Scope. Le sujet aussi : ce couple qui se déchire. La femme qui part avec le producteur. Et la magnifique tristesse de tout cela. En plus, dans Le Mépris, le héros en arrive à vendre son âme au producteur."

(Entretien avec Martin Scorsese, 
Cahiers du cinéma n°500, Numéro spécial : Martin Scorsese rédacteur en chef,
mars 1996, extraits des pages 13 à 15)

 

Photo : Le cinéma, "totalement, tendrement, tragiquement"… L’affiche officielle du 69e Festival de Cannes (2016) : Le Mépris de Godard avec Michel Piccoli montant les marches

 

 

Vidéo : la première utilisation de la musique du Mépris dans Casino, de Martin Scorsese, la rencontre dans le désert Robert De Niro - Joe Pesci. La même musique sera utilisée plus tard dans le film pour la scène de dispute Robert De Niro - Sharon Stone, et pour le générique de fin.

Robert De Niro : Sam « Ace » Rothstein
Sharon Stone : Ginger McKenna/Rothstein
Joe Pesci : Nicky Santoro

 

Martin Scorsese : La musique du Mépris de Godard dans Casino. J'adore Le Mépris, ses couleurs, l'usage du Scope. Le sujet aussi : ce couple qui se déchire. La femme qui part avec le producteur. Et la magnifique tristesse de tout cela
Le cinéma, totalement, tendrement, tragiquement… L’affiche officielle du 69e Festival de Cannes : Le Mépris de Godard avec Michel Piccoli montant les marches

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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