Robert Bresson : Quelqu'un me disait : "Au cinéma on a tout fait". Le cinéma est immense. On n'a rien fait | Ariane Labed : le cinéma peut tout inventer

CAHIERS DU CINEMA

Vous n'avez pas tourné depuis quelques années, trouvez-vous que le cinéma a changé ?

ROBERT BRESSON

Il devrait évoluer. Il piétine sur place.

CAHIERS DU CINEMA

Mais pourtant tout le monde fait du cinéma.

ROBERT BRESSON

Le cinéma brille. Mais le public ne pourra pas toujours aller au cinéma pour voir la réussite d'un acteur ou entendre la modulation d'une voix. Quelqu'un me disait : "Au cinéma on a tout fait". Le cinéma est immense. On n'a rien fait.

Entretien avec Robert Bresson,
Cahiers du cinéma n°348-349, juin-juillet 1983, page 14

~~

ARIANE LABED :

"Je crois que le cinéma peut tout se permettre, il peut tout inventer, et c'est des gens qui le savent (ceux avec qui j'aime travailler), et qui s'en servent, et qui créent des nouvelles formes. Moi c'est la raison pour laquelle je fais du cinéma. C'est un des arts les plus jeunes qui soit, et qui peut intégrer toutes les formes d'expression, il me semble... Après on se limite à se dire que c'est juste là pour refléter une réalité, moi je pense que ça peut être beaucoup plus que ça, le cinéma... ça peut offrir un milliard de langages et un milliard de formes possibles, il n'y a absolument rien d'inscrit. Je pense qu'on peut tout se permettre et qu'on peut tout chercher. Et moi, en tant qu'actrice, j'ai ce passé-là de danseuse, et c'est quelque chose que j'aimerais pouvoir aussi vivre et traverser à travers le cinéma... (...) J'aimerais bien garder une logique de danseur plutôt que d'acteur, dans mon travail d'actrice... parce que je ne travaille pas de façon psychologique, mais je fais tout passer en priorité par le corps."

(Ariane Labed, de la danse au cinéma,
extraits d'un entretien vidéo d'Ariane Labed avec Ludovic Denizot, octobre 2015, UniversCine.com)

~~

Grazia : L'artiste qui a tout compris de vous ?

Ariane Labed : Je n'ai rien compris de moi, alors je ne reconnais ça chez aucun artiste. Mais le cinéaste qui me touche très intimement, c'est Robert Bresson.

Grazia : Le film qui raconte votre vie ?

Ariane Labed : Au hasard Balthazar de Bresson. Il ne raconte pas ma vie, mais il est au plus près de notre nature humaine. C'est mon film préféré.

-> Interview express d'Ariane Labed à lire en intégralité sur Grazia.fr

Robert Bresson : Quelqu'un me disait : Au cinéma on a tout fait. Le cinéma est immense. On n'a rien fait
Anne Wiazemsky (Marie) donne un baiser à l'âne Balthazar : Au hasard Balthazar, un film de Robert Bresson
Ariane Labed - photo Yiannis Katsaris

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL