Peter Brook : Si on laisse la pièce s'exprimer toute seule, on peut très bien ne rien entendre du tout. Si l'on veut que la pièce soit entendue, alors il faut savoir la faire chanter

Peter Brook : "Quand j'entends un metteur en scène parler allègrement de servir l'auteur, de laisser la pièce parler toute seule, je sens naître en moi un doute, car c'est la tâche la plus difficile de toutes. Si on laisse la pièce s'exprimer toute seule, on peut très bien ne rien entendre du tout. Si l'on veut que la pièce soit entendue, alors il faut savoir la faire chanter. Cela exige un certain nombre d'actes déterminés et le résultat peut être d'une grande simplicité. Cependant, partir avec l'intention d' "être simple" peut être tout à fait négatif et constituer une échappatoire facile par rapport aux dures étapes à franchir en vue d'une réponse claire."

Peter Brook, L'espace vide, Ecrits sur le théâtre,
Le théâtre bourgeois, Seuil, page 59

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Cf Entretien Robert Bresson - Jean-Luc Godard, à la sortie d'AU HASARD BALTHAZAR, 1966 : "Ce qui est très mauvais, c'est de chercher trop tôt la simplification, ou la simplicité, ce qui donne la mauvaise peinture, la mauvaise littérature, la mauvaise poésie..."

ROBERT BRESSON :

"Vous savez que je vais, sans le chercher d’ailleurs, je crois, vers la simplification. Et ici je le précise tout de suite : je crois que la simplification est une chose qu’il ne faut jamais chercher : quand on a suffisamment travaillé, la simplification doit venir toute seule. Ce qui est très mauvais, c'est de chercher trop tôt la simplification, ou la simplicité, ce qui donne la mauvaise peinture, la mauvaise littérature, la mauvaise poésie... Donc, je vais vers la simplification — et je m'en aperçois à peine —, mais cette simplification exige, du point de vue de la prise photographique, une certaine force, une certaine vigueur. Or, si je simplifie mon action, et qu'en même temps mon image tombe (parce que les contours ne sont pas assez cernés, ou le relief pas assez marqué), je risque une chute totale de la séquence.
Mais je crois comme vous que la photographie — ou la cinématographie —, est une chose qui nous est néfaste, c’est-à-dire une chose trop facile, trop commode, qu’il faut presque se faire pardonner, mais qu'il faut savoir employer."

JEAN-LUC GODARD :

"Oui, il faut, si on peut dire, la violer, la photographie, la pousser dans ses... Mais pour moi je fais différemment, car je suis — disons plus impulsif."

CAHIERS DU CINEMA N°178, mai 1966 (extraits)

PETER BROOK

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL