Jean-Luc Godard : Le public, personne ne sait ce qu'il est. Il est quelquefois surprenant, en général décevant. A bout de souffle, comme Les 400 coups, a été un malentendu. Cela a beaucoup trop plu, grâce à un concours de circonstances

 

VIDEO : Elle Me Dit by Vinyl SA (Mika Remix)

"Elle me dit Écris une chanson contente Pas une chanson déprimante Une chanson que tout le monde aime Elle me dit Tu deviendras milliardaire Tu auras de quoi être fier ... Elle me dit, t’es trop nul Sors un peu de ta bulle Tu fais n’importe quoi On dirait que t’aimes ça Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie"

Jean-Luc Godard :

"Alors on se dit : il y a Antonioni. La Nuit a fait 200 000 entrées, faisons un film avec lui. Ce qui les perd, c'est qu'ils ne savent pas très bien pourquoi ils font cela. Losey, Antonioni, utilisés de cette façon, et au mauvais moment, ne rapportent plus rien du tout. (...)

L'idéal des fonctionnaires est celui-ci : que tous les jours, à la même heure, un même film fasse entrer un même nombre de spectateurs. Ils ne comprennent rien au cinéma, car le cinéma représente le contraire des fonctionnaires.

Le public, lui, n'est ni bête ni intelligent. Personne ne sait ce qu'il est. Il est quelquefois surprenant, en général décevant. On ne peut pas compter sur lui. En un sens, c'est heureux. En tout cas il change. L'ancien public moyen du cinéma est devenu le public de télévision.

(...) A bout de souffle, comme Les 400 coups, a été un malentendu. Cela a beaucoup trop plu, grâce à un concours de circonstances. Aujourd'hui, A bout de souffle marcherait moins bien. Le succès dépend de milliers de choses, et on ne peut pas tout savoir. Une femme est une femme aussi a été un malentendu, mais dans l'autre sens. Là, on peut savoir pourquoi : c'est la faute du distributeur. Il annonçait aux gens quelque chose comme du Hunebelle ; alors, quand les exploitants voyaient arriver le film, ils étaient furieux. Maintenant, quand on le repasse, on précise : film spécial, etc. et ça marche mieux".

(Cahiers du Cinéma n°138, décembre 1962, in Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, tome 1, pages 226-227)

"Hitchcock, c'est quelqu'un qui a réussi, (...) qui a résolu les problèmes que beaucoup d'autres cinéastes ont été impuissants à résoudre. Trouver un film régulièrement, réussir à faire à chaque fois un film qui marche. Je peux dire qu'il est unique comme une étoile. Depuis deux ou trois ans, je m'interroge sur la difficulté de faire du cinéma. En ayant beaucoup de difficultés, en me demandant pourquoi j'ai ces difficultés, pourquoi "faire du cinéma" est si difficile, pourquoi "voir" n'intéresse-t-il pas ! ... Qu'il faille toujours "dire" à côté. Et quand je revois un film de Hitchcock, je suis subjugué. (...)

Des gens comme Welles, comme Pialat, comme moi, nous sommes des naufragés. On a énormément de mal. Tout ce que je demande, c'est qu'on me laisse survivre. Nous sommes des gens auxquels on ne fait pas confiance. (...) Je ne crois pas qu'on aura encore longtemps la force de faire du cinéma."

(2 mai 1980, entretien de Jean-Luc Godard avec Serge July, in Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, tome 1, pages 414-416)

"Le simple fait que j'arrive à faire des films qui ne marchent pas et à gagner ma vie avec, je trouve que c'est vraiment un signe d'optimisme énorme. C'est quelque chose qui me surprend aujourd'hui quand votre nom est connu et que vous le voyez dans le journal, même les douaniers me connaissent, ils ont jamais vu un film de moi et je me demande comment ça se fait parce qu'il faut avoir fait des films qui aient du succès comme La Guerre des étoiles ou des choses comme ça. Moi j'en ai fait un, une fois, mais les autres..."

(Avignon, juillet 1980, Cahiers du Cinéma n°316, octobre 1980, in JEAN-LUC GODARD par JEAN-LUC GODARD, tome 1, pages 462-463)

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Robert Bresson à Jean-Luc Godard :

"[les films des autres, à voir au cinéma,] me font peur. Parce que je sens que je m’en écarte, que je m'écarte des films actuels, de jour en jour et de plus en plus. Et cela me fait extrêmement peur, car je vois tous ces films acceptés par le public, et je ne vois pas du tout, à l'avance, mes films acceptés par le public. Et j'ai peur. Peur de proposer une chose à un public qui est sensibilisé à une autre chose et qui serait désensibilisé à ce que je fais."

(Entretien Godard - Bresson, CAHIERS DU CINEMA N°178, mai 1966 - extrait)

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"On sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher". (Les bronzés font du ski, Patrice Leconte / troupe du Splendid)

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"Mais tous ces gens qui faisaient profession d'admirer ce musicien (quand Swann avait dit que sa sonate était vraiment belle, Mme Verdurin s'était écriée : « Je vous crois un peu qu'elle est belle ! Mais on n'avoue pas qu'on ne connaît pas la sonate de Vinteuil, on n'a pas le droit de ne pas la connaître », et le peintre avait ajouté : « Ah ! c'est tout à fait une très grande machine, n'est-ce pas ? Ce n'est pas, si vous voulez, la chose « cher » et « public », n'est-ce pas ? mais c'est la très grosse impression pour les artistes »), ces gens semblaient ne s'être jamais posé ces questions, car ils furent incapables d'y répondre.

Même à une ou deux remarques particulières que fit Swann sur sa phrase préférée :

– Tiens, c'est amusant, je n'avais jamais fait attention ; je vous dirai que je n'aime pas beaucoup chercher la petite bête et m'égarer dans des pointes d'aiguille ; on ne perd pas son temps à couper les cheveux en quatre ici, ce n'est pas le genre de la maison, répondit Mme Verdurin, que le docteur Cottard regardait avec une admiration béate et un zèle studieux se jouer au milieu de ce flot d'expressions toutes faites. D'ailleurs lui et Mme Cottard, avec une sorte de bon sens comme en ont aussi certaines gens du peuple, se gardaient bien de donner une opinion ou de feindre l'admiration pour une musique qu'ils s'avouaient l'un à l'autre, une fois rentrés chez eux, ne pas plus comprendre que la peinture de « M. Biche ». Comme le public ne connaît du charme, de la grâce, des formes de la nature que ce qu'il en a puisé dans les poncifs d'un art lentement assimilé, et qu'un artiste original commence par rejeter ces poncifs, M. et Mme Cottard, image en cela du public, ne trouvaient ni dans la sonate de Vinteuil, ni dans les portraits du peintre, ce qui faisait pour eux l'harmonie de la musique et la beauté de la peinture. Il leur semblait quand le pianiste jouait la sonate qu'il accrochait au hasard sur le piano des notes que ne reliaient pas en effet les formes auxquelles ils étaient habitués, et que le peintre jetait au hasard des couleurs sur ses toiles. Quand, dans celles-ci, ils pouvaient reconnaître une forme, ils la trouvaient alourdie et vulgarisée (c'est-à-dire dépourvue de l'élégance de l'école de peinture à travers laquelle ils voyaient, dans la rue même, les êtres vivants), et sans vérité, comme si M. Biche n'eût pas su comment était construite une épaule et que les femmes n'ont pas les cheveux mauves". (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu)

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VIDEO VINYL SA / MIKA - Elle me dit : "Elle me dit Écris une chanson contente Pas une chanson déprimante Une chanson que tout le monde aime Elle me dit Tu deviendras milliardaire T'auras de quoi être fier Ne finis pas comme ton père Elle me dit Ne t’enfermes pas dans ta chambre Vas-y secoue-toi et danse Dis moi c’est quoi ton problème Elle me dit Qu’est-ce que t’as pas l’air coiffé T’es défoncé ou t'es gai Tu finiras comme ton frère Elle me dit Elle me dit, c’est ta vie Fais c’que tu veux, tant pis Un jour tu comprendras Un jour tu t’en voudras Elle me dit, t’es trop nul Sors un peu de ta bulle Tu fais n’importe quoi On dirait que t’aimes ça Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Danse danse danse, elle me dit Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Danse danse danse Elle me dit Fais comme les autres garçons Vas taper dans un ballon Tu deviendras populaire Elle me dit Qu’est-ce tu fous sur internet Ça va pas bien dans ta tête Regardes le temps que tu perds Elle me dit Pourquoi tu te plains tout le temps On dirait que t’as 8 ans C’est pas comme ça que tu vas m’plaire Elle me dit Un jour je ne serais plus là Mais c’est quand elle me dit ça Qu’elle me dit un truc que j’aime Elle me dit Elle me dit, c’est ta vie Fais c’que tu veux, tant pis Un jour tu comprendras Un jour tu t’en voudras Elle me dit, t’es trop nul Sors un peu de ta bulle Tu fais n’importe quoi On dirait que t’aimes ça Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Danse danse danse, elle me dit Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Danse danse danse Elle me dit T’as pas encore des ch’veux blancs Mais t’auras bientôt 30 ans Vaudrait mieux que tu te réveilles Elle me dit Tu es toujours un enfant Tu ne seras jamais grand Et moi je suis déjà vieille Elle me dit Regardes un peu tes amis Qu’est-ce qu’ils vont faire de leur vie Il y a de quoi se foutre en l’air Elle me dit Oui un jour tu me tueras Mais c’est quand elle me dit ça Qu’elle me dit un truc que j’aime Elle me dit danse Elle me dit danse, danse, danse Elle me dit danse Elle me dit danse, danse, danse Elle me dit danse Elle me dit danse, danse, danse Elle me dit danse, danse, danse, danse Danse, danse, danse, elle me dit danse Elle me dit, c’est ta vie Fais c’que tu veux, tant pis Un jour tu comprendras Un jour tu t’en voudras Elle me dit, t’es trop nul Sors un peu de ta bulle Tu fais n’importe quoi On dirait que t’aimes ça Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Danse danse danse, elle me dit Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Pourquoi tu gâches ta vie Danse danse danse, elle me dit danse"

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL