Tadié: Prenez le Journal d’un curé de campagne, Bresson, rien ne manque par rapport au livre de Bernanos. Tout est transposable. A partir du moment où on se dit que le public ne supportera pas la complexité, et où on va vers la superficialité, on se perd

Jean-Yves Tadié, adapter Proust à l'écran : "le problème n’est pas l’absence de tel ou tel évènement. C’est plutôt que tout est écrémé. On ne voit pas du tout l’approfondissement des choses du sens : la musique, l’art. Les phrases de Proust sont coupées.(...) Prenez le « Journal d’un curé de campagne » de Robert Bresson, dans lequel rien ne manque par rapport au livre de Bernanos. Tout est transposable. A partir du moment où on se dit que le public ne supportera pas la complexité, et où on va vers la superficialité, on se perd. On ne gagne rien à cacher la vérité. Si vous transformez Proust en Maupassant, personne n’aura une idée de l’immense écrivain qu’il était".

ROBERT BRESSON - JOURNAL D'UN CURE DE CAMPAGNE