Claude Sautet :

"Un film part moins d'une idée, Truffaut le disait, que d'une rencontre d'idées. On a un personnage qui vous plaît mais dont on ne sait pas ce qu'il peut lui arriver. Puis on découvre un milieu dans lequel, une fois plongé, il fera réaction. C'est ce qui m'est arrivé pour "Vincent, François, Paul... et les autres" : j'avais l'impression de connaître ces personnages, puis j'ai lu un livre de Claude Néron, "La Grande marrade", qui racontait leur histoire. Le film part plutôt de personnages que d'une histoire, et le travail du scénario est de mettre en relation des personnages dans une histoire à partir d'une envie de les faire vivre. Il va s'agir d'entretenir constamment un climat d'incertitude sur leur devenir. Ce qui se distingue du suspense, qui se définit par rapport à une attente précise (un meurtre par exemple, mais dont on ne sait ni quand ni comment il va arriver) que déjoue une série de contrariétés. L'incertitude est une notion plus large et plus vague : on ne sait pas après quoi courent ces personnages ni ce qu'ils souhaitent, et on a envie de le savoir. On est parfois dans le même cas en écrivant..."

(Le scénario au risque de la mise en scène,
Le scénario des cinéastes, Cahiers du cinéma 371/372,
Cinéma français, l'enjeu scénario, mai 1985, page 80)

Photo :

"On est de plus en plus loin, Vincent. C'est peut-être parce que tu vieillis, et que moi j'ai 25 ans."

Vincent, François, Paul... et les autres,
Claude Sautet, 1974

Ludmila Mikaël : Marie
Yves Montand : Vincent

Vincent, François, Paul... et les autres, Claude Sautet, 1974  Ludmila Mikaël : Marie Yves Montand : Vincent
Tableau de travail de Vincent, François, Paul... et les autres - Claude Sautet - Scénario - Grandes scènes - Personnages - Relations - Rythme