Jean Aurel, scénariste :

"J'ai une règle instinctive : quand une scène ne cache rien, elle n'est pas bonne. Quand on montre, c'est de la pornographie. On peut montrer un meurtre en en faisant une scène d'amour ou une scène d'amour en en faisant un meurtre, comme disait Truffaut d'Hitchcock, mais si vous montrez juste un meurtre ou deux personnes qui s'embrassent, ça ne va pas. A partir du moment où on veut montrer quelque chose, le travail du scénariste est de savoir comment la cacher et la dévoiler pour la faire passer : les gens croient beaucoup plus à ce qu'ils devinent qu'à ce qu'ils voient. Il y a une érotique du scénario : vous croyez que vous n'aimez que ses yeux, mais en réalité vous êtes profondément amoureux. Les critères pour déterminer le plus important de ce qui cache ou de ce qui est caché, c'est le travail du scénariste et du metteur en scène."

(Le cinéma des scénaristes, Le scénario au pluriel,
Cahiers du cinéma 371/372,
Cinéma français, l'enjeu scénario, mai 1985, page 52)

Photo :

Une scène d'amour comme un meurtre :
Gérard Depardieu et Fanny Ardant dans la scène finale de La Femme d'à côté de François Truffaut - 1981
(co-scénariste, avec Suzanne Schiffman : Jean Aurel)

Gérard Depardieu : Bernard Coudray
Fanny Ardant : Mathilde Bauchard

La Femme d'à côté, un film français de François Truffaut réalisé en 1981. Scénario : François Truffaut, Suzanne Schiffman et Jean Aurel  Gérard Depardieu : Bernard Coudray Fanny Ardant : Mathilde Bauchard

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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