Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Tu pensais qu'on avait toute la vie. Que le temps n'existait pas. You thought we had forever. That time didn't exist.  Olga Kurylenko, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
Tu pensais qu'on avait toute la vie. Que le temps n'existait pas. You thought we had forever. That time didn't exist.  Olga Kurylenko, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick

Photos : "Tu pensais qu'on avait toute la vie. Que le temps n'existait pas."
"You thought we had forever. That time didn't exist".

Olga Kurylenko, Tatiana Chiline, Ben Affleck, A la merveille (To The Wonder) / Terrence Malick
 

- 7 février 2017. Décès de Tzvetan Todorov qui co-dirigeait ce recueil "Recherche de Proust" -

"Proust n'emploie pas la narration événementielle courante autant que les autres romanciers parce que dans un roman à la première personne elle risquerait de créer une impression sèche et schématique du temps sans rien garder de la richesse des emboîtements et des hésitations de la mémoire. Proust utilise de subtils moyens stylistiques pour briser le temps linéaire; c'est ainsi que les événements ne sont pas présentés dans une succession monotone, mais avec de brusques glissements dans la perspective temporelle. Son utilisation du plus-que-parfait est particulièrement remarquable. A la fin de A l'ombre des jeunes filles en fleurs nous trouvons cette curieuse succession d'événements et de temps grammaticaux :

"Le directeur m'offrait pour l'année prochaine de meilleures chambres, mais j'étais attaché maintenant à la mienne où j'entrais sans plus jamais sentir l'odeur du vétiver, et dont ma pensée, qui s'y élevait jadis si difficilement, avait fini par prendre si exactement les dimensions que je fus obligé de lui faire subir un traitement inverse quand je dus coucher à Paris dans mon ancienne chambre, laquelle était basse de plafond.

Il avait fallu quitter Balbec en effet, le froid et l'humidité étant devenus trop pénétrants pour rester plus longtemps dans cet hôtel dépourvu de cheminées et de calorifère. J'oubliai d'ailleurs presque immédiatement ces dernières semaines. Ce que je revis presque invariablement quand je pensai à Balbec, ce furent les moments où chaque matin, pendant la belle saison, comme je devais l'après-midi sortir avec Albertine et ses amies (...)"

Il avait fallu quitter Balbec en effet... En reliant des phrases par leurs propositions subordonnées, (...) Proust évite une description inutile du départ de Balbec, ou bien une phrase abrupte et sans effet du genre "Nous quittâmes Balbec".  A lire cette phrase longue comme un paragraphe, nous sommes toujours à Balbec, la chambre de l'hôtel est au centre de notre attention, et l'aspect bizarre de la chambre parisienne n'est qu'un élément superflu d'explication. Mais soudain, nous sommes magiquement transportés dans l'espace et dans le temps par le plus-que-parfait du paragraphe suivant. D'un seul coup Balbec s'éloigne et ne vit plus que dans la mémoire. L'expression "en effet", qui renvoie comme une conclusion décidée à l'avance à une situation dont le lecteur n'a pas encore pris conscience, prend un caractère résigné et mélancolique, comme le brusque retour au présent à la fin de "Combray" et de "Noms de pays : le Nom". C'est la révélation brusque et terrifiante du caractère irréparable, irrémédiable du Temps."

extrait de Les structures temporelles dans la "Recherche", par John Porter Houston,
in Recherche de Proust, recueil dirigé par Gérard Genette et Tzvetan Todorov, Points, pages 95-96