Eric Rohmer : "Ce qui m’irrite, ce que je n’aime pas dans le cinéma moderne, c’est le fait de réduire les gens à leur comportement, et de penser que le cinéma n’est qu'un art du comportement. En fait, nous devons montrer ce qu’il y a au-delà du comportement, tout en sachant qu’on ne peut montrer que le comportement. J’aime que l’homme soit libre et responsable. Dans la plupart des films, il est prisonnier des circonstances, de la société, etc. Ou ne le voit pas dans l'exercice de sa liberté. Liberté qui est peut-être illusoire, mais qui existe même à ce titre-là. Voilà ce qui m'intéresse, voilà ce qui, évidemment, doit répugner au cinéma, art physique, matérialiste, non seulement empirique, mais encore empiriste, puisque l’homme ne s'y définit que par ce qu’il fait. Je pense que le génie du cinéma réside dans la possibilité d'aller au-delà de cette limite et de découvrir autre chose. Peut-être ces Contes Moraux, qui ne constituent en vérité qu’un seul film, me permettront-ils de parcourir ce chemin, d’aller au-delà des apparences".

Cahiers du cinéma : "Ce qui recoupe alors ce que dit Pasolini des grands moments du cinéma moderne : dépasser la limitation naturaliste du cinéma pour rendre un certain caractère onirique de l'existence..." 

Eric Rohmer : "Le mot « onirique » m'intéresse tout particulièrement dans la mesure où mes Contes Moraux ont certainement un côté onirique. Ce sont tous des rêves. Les rêves sont construits par le cerveau, qui est une machine électronique. Toute fiction est rêve".

(...) "J’ai certes prêché pour un cinéma non littéraire, et j’ai fait des Contes Moraux qui sont effrontément littéraires, ne serait-ce que dans la mesure où le commentaire joue un rôle important. J’aime montrer au cinéma des choses qui semblent répugner à la transcription cinématographique, exprimer des sentiments qui ne sont pas filmables, parce que profondément enfouis dans la conscience. C’est un rapport de soi-même à soi-même que j'ai délibérément voulu montrer dans les Contes Moraux. C’est pourquoi ils sont à la première personne et pourquoi il y a un commentaire. Ils traitent du recul que quelqu’un peut prendre par rapport à ses goûts, ses désirs, ses sentiments, par rapport à soi-même. Le personnage parle de lui et se juge ; il est filmé en tant qu’il se juge".

(...) "Ce qui m'intéresse, c’est montrer les êtres et que l’homme est un être moral. Mes personnages ne sont pas de purs êtres esthétiques. Ils ont une réalité morale qui m’intéresse au même titre que leur réalité physique".

Extraits d'un entretien avec Eric Rohmer, Cahiers du cinéma n°172, novembre 1965

~~

"Il y a un côté onirique dans toutes mes histoires. Toutes peuvent avoir été rêvées par le personnage, à un moment donné de l'action." - Eric ROHMER, entretien avec Pascal Bonitzer et Serge Daney, Cahiers du cinéma 323/324, mai 1981, Situation du cinéma français I, page 37

Photo : 

"D'ailleurs j'ai envie de faire une entorse à ma morale, ce soir."

Six contes moraux - 1967 : La Collectionneuse
Patrick Bauchau : Adrien
Haydée Politoff : Haydée
Un film d'Eric Rohmer

D'ailleurs j'ai envie de faire une entorse à ma morale, ce soir. -  Six contes moraux - 1967 : La Collectionneuse Patrick Bauchau : Adrien Haydée Politoff : Haydée Un film d'Eric Rohmer

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

nouveautés ~ art de l'acteur ~ cinéastes ~ art du théâtre ~ meilleurs films ~ top 100

Antonioni Bergman Bresson Cronenberg Fellini Godard Hitchcock Jouvet Labed Lynch Malick Mnouchkine Portman Rohmer Sautet Scorsese Truffaut Vitez Welles

masters of cinema | films actors directors

a-z videos / new videos / facebook

 

films7 | films actors directors