Louis Jouvet :

"Quelle est leur vocation ? Souvent basée sur des défauts, des vices même. Mais cela importe peu, qu'on veuille être institutrice pour un goût de domination ou de régence, qu'on veuille être soldat pour le désir de l'uniforme, cela importe peu. La plupart des actions humaines ont pour départ, pour ressort des mobiles assez impurs, au moins douteux. L'important est de les purifier ensuite, de les ennoblir par le sens du métier qu'on découvre, par l'exercice, par la connaissance de soi-même, par un perfectionnement qui vous mène haut. Etre religieux par peur de l'enfer ou par crainte de la lutte, ou par dégoût de la vie, ou par désespoir d'amour, le départ ne doit pas être méprisé ; l'essentiel est d'atteindre ensuite là où il faut, de se mettre sur le vrai plan professionnel, dans l'amour de Dieu, dans l'amour de son métier."

Buenos Aires, 9 août 1941
Louis Jouvet, Le comédien désincarné - Comportement de l'acteur,
Flammarion, extrait de la page 56

Louis Jouvet : vocation et métier - Le départ ne doit pas être méprisé ; l'essentiel est d'atteindre ensuite là où il faut