Ariane Mnouchkine : un supporter, un metteur en scène : quelqu'un qui, par sa crédulité, sa confiance, permet à l'acteur de retrouver sa propre crédulité, sa propre confiance et, donc, les visions salvatrices

Ariane Mnouchkine : un supporter, un metteur en scène : quelqu'un qui, par sa crédulité, sa confiance, permet à l'acteur de retrouver sa propre crédulité, sa propre confiance et, donc, les visions salvatrices

 

Mais vous-même, vous y aidez aussi les acteurs ?

Ariane Mnouchkine : - "Bien sûr, j'essaie de les y aider par les mots, les images que je leur donne, les hurlements que je pousse quand je les vois au bord du gouffre, ou près du sommet. Je regardais un match de football à la télévision, je regardais les supporters. Je parle des vrais supporters, ces garçons et ces filles qui ont le visage peint à la couleur de leur équipe et qui pleurent quand ils sont battus. Eh bien, quand ils encouragent leurs footballeurs, ils ressemblent à un metteur en scène ! C'est-à-dire à quelqu'un qui, par sa crédulité, sa confiance, permet à l'acteur de retrouver sa propre crédulité, sa propre confiance et, donc, les visions salvatrices. Le théâtre est aussi un sport. Artaud a dit que l'acteur est un athlète du coeur". (Ariane Mnouchkine, L'art du présent, Entretiens avec Fabienne Pascaud, Plon, page 138)

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-> L'importance de la crédulité pour Ariane Mnouchkine

"Elle est peut-être en train de finir, cette ère du cynisme bien vu, du désenchantement comme signe d'intelligence. Cela ne m'étonnerait pas que ça passe de mode - qu'il faille avoir l'air morose pour qu'on vous prenne au sérieux" (...)

"Ce don extraordinaire que peu d'entre vous ont, c'est la crédulité. Muscle ta crédulité. La crédulité, c'est de croire à l'incroyable". (...)

"Nous sommes à une époque où on cultive le désenchantement. A celui qui a envie de rêver, qui vit dans une sorte de poésie, de rêve, on va dire : "Arrête ton char !" et on le tue, oui, on le tue".

"Il faut cultiver un enchantement indispensable".

(ARIANE MNOUCHKINE, Mettre en scène, Actes Sud-Papiers, extraits des pages 114, 96, 78)

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL