Que je te fasse rêver ? Les rêves sont agréables. Mais on ne peut pas y vivre. / Dreams are nice. But you can't live in them Terrence Malick, Knight of Cups
Que je te fasse rêver ? Les rêves sont agréables. Mais on ne peut pas y vivre. / Dreams are nice. But you can't live in them Terrence Malick, Knight of Cups
Que je te fasse rêver ? Les rêves sont agréables. Mais on ne peut pas y vivre. / Dreams are nice. But you can't live in them Terrence Malick, Knight of Cups
Tu as l'air de vivre dans un monde imaginaire, non? ...Tu peux être qui tu as envie. / You live in a little fantasy world, don't you? You can be whoever you want to be.  Terrence Malick, Knight of Cups

"Que je te fasse rêver ? Les rêves sont agréables. Mais on ne peut pas y vivre".
/ Dreams are nice. But you can't live in them

"Tu as l'air de vivre dans un monde imaginaire, non? ...Tu peux être qui tu as envie."
/ You live in a little fantasy world, don't you? You can be whoever you want to be.

Terrence Malick, Knight of Cups

Marcel Proust, Albertine disparue : "D'ailleurs, dans l'histoire d'un amour et de ses luttes contre l'oubli, le rêve ne tient-il pas une place plus grande même que la veille, lui qui ne tient pas compte des divisions infinitésimales du temps, supprime les transitions, oppose les grands contrastes, défait en un instant le travail de consolation si lentement tissé pendant le jour et nous ménage, la nuit, une rencontre avec celle que nous aurions fini par oublier à condition toutefois de ne pas la revoir ? Car, quoi qu'on dise, nous pouvons avoir parfaitement en rêve l'impression que ce qui se passe est réel. Cela ne serait impossible que pour des raisons tirées de notre expérience qui à ce moment-là nous est cachée. De sorte que cette vie invraisemblable nous semble vraie. Parfois, par un défaut d'éclairage intérieur lequel, vicieux, faisait manquer la pièce, mes souvenirs bien mis en scène me donnant l'illusion de la vie, je croyais vraiment avoir donné rendez-vous à Albertine, la retrouver ; mais alors je me sentais incapable de marcher vers elle, de proférer les mots que je voulais lui dire, de rallumer pour la voir le flambeau qui s'était éteint – impossibilités qui étaient simplement, dans mon rêve, l'immobilité, le mutisme, la cécité du dormeur – comme brusquement on voit dans la projection manquée d'une lanterne magique une grande ombre, qui devrait être cachée, effacer la silhouette des personnages, et qui est celle de la lanterne elle-même, ou celle de l'opérateur. D'autres fois Albertine se trouvait dans mon rêve, et voulait de nouveau me quitter sans que sa résolution parvînt à m'émouvoir. C'est que de ma mémoire avait pu filtrer dans l'obscurité de mon sommeil un rayon avertisseur, et ce qui, logé en Albertine, ôtait à ses actes futurs, au départ qu'elle annonçait, toute importance, c'était l'idée qu'elle était morte. Souvent ce souvenir qu'Albertine était morte se combinait sans la détruire avec la sensation qu'elle était vivante. Je causais avec elle ; pendant que je parlais ma grand'mère allait et venait dans le fond de la chambre. Une partie de son menton était tombée en miettes, comme un marbre rongé, mais je ne trouvais à cela rien d'extraordinaire. Je disais à Albertine que j'aurais des questions à lui poser relativement à l'établissement de douches de Balbec et à une certaine blanchisseuse de Touraine, mais je remettais cela à plus tard puisque nous avions tout le temps et que rien ne pressait plus. Elle me promettait qu'elle ne faisait rien de mal et qu'elle avait seulement, la veille, embrassé sur les lèvres Mlle Vinteuil. « Comment ? elle est ici ? – Oui, il est même temps que je vous quitte, car je dois aller la voir tout à l'heure. » Et comme, depuis qu'Albertine était morte, je ne la tenais plus prisonnière chez moi comme dans les derniers temps de sa vie, sa visite à Mlle Vinteuil m'inquiétait."

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"Besides, in the history of a love-affair and of its struggles against oblivion, do not our dreams occupy an even larger place than our waking state, our dreams which take no account of the infinitesimal divisions of time, suppress transitions, oppose sharp contrasts, undo in an instant the web of consolation so slowly woven during the day, and contrive for us, by night, a meeting with her whom we would eventually have forgotten, provided always that we did not see her again. For whatever anyone may say, we can perfectly well have in a dream the impression that what is happening is real. This could be impossible only for reasons drawn from our experience which at that moment is hidden from us. With the result that this improbable life seems to us true. Sometimes, by a defect in the internal lighting which spoiled the success of the play, the appearance of my memories on the stage giving me the illusion of real life, I really believed that I had arranged to meet Albertine, that I was seeing her again, but then I found myself incapable of advancing to meet her, of uttering the words which I meant to say to her, to rekindle in order to see her the torch that had been quenched, impossibilities which were simply in my dream the immobility, the dumbness, the blindness of the sleeper — as suddenly one sees in the faulty projection of a magic lantern a huge shadow, which ought not to be visible, obliterate the figures on the slide, which is the shadow of the lantern itself, or that of the operator. At other times Albertine appeared in my dream, and proposed to leave me once again, without my being moved by her determination. This was because from my memory there had been able to filter into the darkness of my dream a warning ray of light which, lodged in Albertine, deprived her future actions, the departure of which she informed me, of any importance, this was the knowledge that she was dead. Often this memory that Albertine was dead was combined, without destroying it, with the sensation that she was alive. I conversed with her; while I was speaking, my grandmother came and went at the other end of the room. Part of her chin had crumbled away like a corroded marble, but I found nothing unusual in that. I told Albertine that I had various questions to ask her with regard to the bathing establishment at Balbec and to a certain laundress in Touraine, but I postponed them to another occasion since we had plenty of time and there was no longer any urgency. She assured me that she was not doing anything wrong and that she had merely, the day before, kissed Mlle. Vinteuil on the lips. “What? Is she here?” “Yes, in fact it is time for me to leave you, for I have to go and see her presently.” And since, now that Albertine was dead, I no longer kept her a prisoner in my house as in the last months of her life, her visit to Mlle. Vinteuil disturbed me."

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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