"- Que sommes-nous à présent ? - Pardonne-moi ! " / "- What are we now? - Forgive me!" | NATALIE PORTMAN | CHRISTIAN BALE | TERRENCE MALICK | KNIGHT OF CUPS

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Marcel Proust, Albertine disparue, Lettre d'Albertine

- Pardonnez-moi... / Forgive me...

« MON AMI,

» Pardonnez-moi de ne pas avoir osé vous dire de vive voix les quelques mots qui vont suivre, mais je suis si lâche, j'ai toujours eu si peur devant vous, que, même en me forçant, je n'ai pas eu le courage de le faire. Voici ce que j'aurais dû vous dire. Entre nous, la vie est devenue impossible, vous avez d'ailleurs vu par votre algarade de l'autre soir qu'il y avait quelque chose de changé dans nos rapports. Ce qui a pu s'arranger cette nuit-là deviendrait irréparable dans quelques jours. Il vaut donc mieux, puisque nous avons eu la chance de nous réconcilier, nous quitter bons amis. C'est pourquoi, mon chéri, je vous envoie ce mot, et je vous prie d'être assez bon pour me pardonner si je vous fais un peu de chagrin, en pensant à l'immense que j'aurai. Mon cher grand, je ne veux pas devenir votre ennemie, il me sera déjà assez dur de vous devenir peu à peu, et bien vite, indifférente ; aussi ma décision étant irrévocable, avant de vous faire remettre cette lettre par Françoise, je lui aurai demandé mes malles. Adieu, je vous laisse le meilleur de moi-même.

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Marcel Proust, Albertine disparue :"Certes nous ignorons la sensibilité particulière de chaque être, mais d'habitude nous ne savons même pas que nous l'ignorons, car cette sensibilité des autres nous est indifférente. Pour ce qui concernait Albertine, mon malheur ou mon bonheur eût dépendu de ce qu'était cette sensibilité ; je savais bien qu'elle m'était inconnue, et qu'elle me fût inconnue m'était déjà une douleur. Les désirs, les plaisirs inconnus que ressentait Albertine (...)"

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» ALBERTINE.

“MY DEAR FRIEND,

“Forgive me for not having dared to say to you in so many words what I am now writing, but I am such a coward, I have always been so afraid in your presence that I have never been able to force myself to speak. This is what I should have said to you. Our life together has become impossible; you must, for that matter, have seen, when you turned upon me the other evening, that there had been a change in our relations. What we were able to straighten out that night would become irreparable in a few days’ time. It is better for us, therefore, since we have had the good fortune to be reconciled, to part as friends. That is why, my darling, I am sending you this line, and beg you to be so kind as to forgive me if I am causing you a little grief when you think of the immensity of mine. My dear old boy, I do not wish to become your enemy, it will be bad enough to become by degrees, and very soon, a stranger to you; and so, as I have absolutely made up my mind, before sending you this letter by Françoise, I shall have asked her to let me have my boxes. Good-bye: I leave with you the best part of myself.

“ALBERTINE.”

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"It is true that we are unaware of the peculiar sensibility of each of our fellow-creatures, but as a rule we do not even know that we are unaware of it, for this sensibility of other people leaves us cold. So far as Albertine was concerned, my misery or happiness would have depended upon the nature of this sensibility; I knew well enough that it was unknown to me, and the fact that it was unknown to me was already a grief — the unknown desires and pleasures that Albertine felt (...)" (Translated from the French by C. K. Scott Moncrieff)

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POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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