Proust / Albertine : C'était parce que je voulais absolument qu'elle revînt dans les huit jours que je lui disais : « Adieu pour toujours »
Proust / Albertine : C'était parce que je voulais absolument qu'elle revînt dans les huit jours que je lui disais : « Adieu pour toujours »
Caroline Tillette - Albertine : A la recherche du temps perdu (Nina Companeez)

 

Marcel Proust, Albertine disparue : "Sans doute, de même que j'avais dit autrefois à Albertine : « Je ne vous aime pas », pour qu'elle m'aimât ; « J'oublie quand je ne vois pas les gens », pour qu'elle me vît très souvent ; « J'ai décidé de vous quitter », pour prévenir toute idée de séparation, maintenant c'était parce que je voulais absolument qu'elle revînt dans les huit jours que je lui disais : « Adieu pour toujours » ; c'est parce que je voulais la revoir que je lui disais : « Je trouverais dangereux de vous voir » ; c'est parce que vivre séparé d'elle me semblait pire que la mort que je lui écrivais : « Vous avez eu raison, nous serions malheureux ensemble. »"

"No doubt, just as I had said in the past to Albertine: “I am not in love with you,” in order that she might love me; “I forget people when I do not see them,” in order that she might come often to see me; “I have decided to leave you,” in order to forestall any idea of a parting, now it was because I was absolutely determined that she must return within a week that’I said to her: “Farewell for ever”; it was because I wished to see her again that I said to her: “I think it would be dangerous to see you”; it was because living apart from her seemed to me worse than death that I wrote to her: “You were right, we should be wretched together”." (Translated from the French by C. K. Scott Moncrieff)

Photos : Caroline Tillette / Micha Lescot : A la recherche du temps perdu (Nina Companeez)