Pablo LARRAIN : Godard disait justement que la plupart des réalisateurs se considéraient comme des aéroports ou des gares, mais qu’il préférait se voir comme un train ou un avion, à cause de cette idée de mouvement et de transition

PABLO LARRAIN - NERUDA
PABLO LARRAIN - JACKIE - NATALIE PORTMAN

Pablo Larrain (Allocine.fr) : "Il y a des films de Godard que j’ai vraiment aimés et auxquels j’ai pensé en faisant le film (NERUDA), même si l’on n’en retrouve pas vraiment de trace. Il y a aussi John Ford et l’absurdité qu’il y avait dans les films faits dans les années 80, avec cette idée de quelqu’un chassant quelque chose d’impossible. Je trouve ça très beau et tous ces réalisateurs laissaient porte et fenêtre ouvertes afin que le public puisse entrer et sortir quand il le voulait. Je n’aime pas ces films dans lesquels tout est dit et clos. Je crois vraiment en l’intelligence du public, et je veux travailler avec cette intelligence et avec cette sensibilité car nous pouvons ainsi jouer avec les spectateurs.

Je veux créer une mécanique entre eux et moi plutôt que de mettre en scène quelque chose d’entièrement élaboré. Godard disait justement que la plupart des réalisateurs se considéraient comme des aéroports ou des gares, mais qu’il préférait se voir comme un train ou un avion, à cause de cette idée de mouvement et de transition. C’est pour moi une très belle façon de décrire le cinéma, qui est quelque chose qui devrait aller d’un lieu à l’autre sans jamais vraiment arriver ni vraiment partir de quelque part, mais juste faire figure de transition". 

Photos : deux films de PABLO LARRAIN : NERUDA et JACKIE

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL