Douglas Sirk : Le studio Universal manquait de grandes stars sous contrat. Dans de telles circonstances, la seule chose à faire c'est de fabriquer une star. Je me suis donc mis en chasse. La caméra a sa propre vision

Douglas SIRK : "Le studio Universal manquait de grandes stars sous contrat. Dans de telles circonstances, la seule chose à faire c'est de fabriquer une star, car la possibilité d'avoir un budget important dépendait de la star qu'on pouvait faire jouer dans son film. Je me suis donc mis en chasse, et j'ai vu un film où Rock Hudson jouait, face à Jeff Chandler dans le rôle principal (Iron Man). Il avait un petit rôle et ne tenait pas le coup à côté de Jeff Chandler, mais j'ai eu le sentiment d'avoir vu quelque chose. J'ai donc organisé une rencontre ; à part sa beauté, il ne semblait pas attirer l'oeil. Mais la caméra a sa propre vision. Elle voit des choses que l'oeil humain ne peut détecter. Et en fin de compte, on en vient à faire confiance à la caméra. Je crois que je suis devenu très attentif à ce phénomène du fait que j'avais été metteur en scène de théâtre. Je voulais éliminer mon point de vue de metteur en scène de théâtre, qui équivaut à un plan d'ensemble constant. Je lui ai fait passer un test complet, puis je l'ai mis dans Qui donc a vu ma belle ? La seule chose qui ne m'ait jamais déçu, à Hollywood, c'est ma caméra. Et, pour Rock Hudson, elle avait raison. En quelques années, il est devenu l'un des numéros un du box-office à Hollywood."

(Douglas Sirk, in Jon Halliday, Conversations avec Douglas Sirk, Collection Atelier Cahiers du Cinéma, pages 123-124)

ROCK HUDSON - DOUGLAS SIRK

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL