Orson Welles : On ne peut pas voir et entendre la beauté en même temps... car la poésie a son propre paysage et nous sommes prisonniers d'un paysage physique qui isole l'acteur de son public

Orson Welles : "Shakespeare a tout dit... Depuis, la poésie n'est ni nécessaire ni possible, car on peut recréer l'aube sur Elsinore avec une lanterne et un pot de peinture, et il n'y a plus besoin qu'un personnage déclame au milieu de la scène : "Mais, voyez, l'aube en vêtement de bure Foule à L'Orient, là-bas, la rosée des hautes collines" (Hamlet), même en supposant que l'on puisse toujours écrire de tels vers. On ne peut pas voir et entendre la beauté en même temps... car la poésie a son propre paysage et nous sommes prisonniers d'un paysage physique qui isole l'acteur de son public... nous sommes prisonniers de la prose. Avant la Restauration, les théâtres étaient des estrades installées dans des courettes où l'on venait pour entendre et être entendu. Depuis, on installe des gâteaux d'anniversaire devant de grands portraits et l'on va au théâtre pour voir et être vu." 

(Extrait de l'introduction d'Orson Welles au Mercury Shakespeare)

But, look, the morn, in russet mantle clad,
Walks o'er the dew of yon high eastward hill:

HORATIO, Hamlet, I, 1

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Sur la jonction voir / entendre, cf le débat sur la mise en scène d'opéra : Claude Régy : les gens écoutent l'opéra les yeux fermés, cela devrait nous faire réfléchir à ce qu'on leur met sous les yeux quand par hasard ils les ouvrent | Panowsky : une vision, non une illusion. Le théâtre invisible : le nouveau Bayreuth. La lumière

ORSON WELLES - MACBETH

 

 

 

DEMOS COMEDIENNES | Sophie MARECHAL