Patrice Chéreau :

"C'est la chose dont, avec les années, on a le plus envie : peser le moins possible, être le plus léger, arriver à raconter  des choses graves - graves, le mot est très beau en français - de façon légère. J'ai encore beaucoup de chemin à faire pour y arriver. Je pense que c'est souvent lourd, ce que je fais. C'est plein comme un oeuf, c'est souvent plein de sens, de personnages, de conflits, d'empoignades. Je rêve toujours d'une chose qui s'épurerait, qui arriverait à être, comme Grüber le disait, "profonde et légère". Lui, il y est arrivé magistralement. Quand il a fait au Conservatoire [CNSAD] un exercice avec Les Géants de la montagne de Pirandello, c'était splendide parce que ça donnait l'impression de ne pas être répété. Il n'avait travaillé que trois semaines, moi, je n'ose pas répéter seulement trois semaines. Le spectacle était d'une grâce extraordinaire et j'étais très envieux parce que je ne sais pas faire ça. Mais j'essaie de tendre toujours vers plus de légèreté. C'est le travail de toute une vie. "

Georges Banu :

"Tu disais un jour : "Je veux être grave, mais pas cynique." Personnellement, j'ai moi aussi des réserves à l'égard de certaines mises en scène particulièrement cyniques, où le metteur en scène se place dans une position de supériorité à l'égard des personnages afin de procéder à leur dénonciation explicite, à un jeu de massacre. La gravité représente une autre posture, car l'artiste se situe dans une situation de partage avec les personnages, de confiance et de confidence. Tu te dissocies du cynisme et tu te reconnais dans la gravité."

Patrice Chéreau :

"Oui. (...) Je ne suis pas quelqu'un de cynique. Je peux être quelqu'un de brutal, mais je ne suis pas quelqu'un  de cynique et je ne serai jamais capable de l'être. Je pense que lorsqu'on raconte une histoire, il faut aimer les personnages. Il faut tous les aimer. Et je les aime beaucoup parce qu'en plus je suis très sentimental, donc j'aime souvent tout à fait excessivement les personnages que je raconte." 

(Patrice Chéreau,
J'y arriverai un jour,
Le Temps du Théâtre / Actes Sud,
extraits des pages 59-61)

 

Patrice Chéreau : Je veux être grave, mais pas cynique. Profond et léger, comme dit Grüber

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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