Orson Welles : Nous avons plus besoin d'encouragements que nous voulons bien l'admettre, même à nous-mêmes. Un mot de travers d'un collègue peut assombrir toute une journée. L'air d'Hollywood est assez empoisonné comme ça sans qu'on ajoute à la pollution

Peter Bogdanovich : "Ici devrait se trouver toute une bande dans laquelle Orson [Welles] s'en prend à un certain nombre de cinéastes dont il déteste le travail. Ce passage était effectivement fort haut en couleur, mais peu après avoir reçu la transcription dactylographiée de cette journée de travail, Orson m'envoya une lettre qui ne me laisse guère le choix". 

Lettre d'Orson Welles 

"Cher Peter,
Que penserais-tu si un réalisateur te crachait dessus ? Cela fait mal, non ? Tu te dirais que tu es en colère, mais la vérité, c'est que tu serais blessé. Je sais que moi, je le suis. Un mot de travers d'un collègue peut assombrir toute une journée. Nous avons plus besoin d'encouragements que nous voulons bien l'admettre, même à nous-mêmes. L'air d'Hollywood est bien assez empoisonné comme ça sans qu'on ajoute à la pollution. 
Bien sûr, je déteste tous les films dont nous avons parlé, mais je ne déteste pas les hommes qui les ont faits. Je n'ai pas envie de les peiner, pas même un peu. Tu m'as dit au téléphone que tu trouvais très drôle que je dise qu'on devrait mettre [CENSURE] en prison ! Eh bien, modifions la phrase. Notre livre n'a pas besoin de cela. Et souviens-toi toujours que ton coeur est le jardin secret de Dieu.
Amitiés, 
Louisa Mae (sic) Alcott". [Orson Welles] 

(Moi Orson Welles
Orson Welles & Peter Bogdanovich, Belfond, page 169)

ORSON WELLES

 

 

 

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