Yves Montand, à propos de son rôle dans César et Rosalie : "J'aurai toujours une grande tendresse pour Claude Sautet. Il m'a vraiment percé à jour, à mon insu si je puis dire. Il a très bien compris que ce qui pouvait être considéré chez moi comme de la faiblesse, ou un manque de connaissances, n'était qu'une forme de maladresse et de naïveté, qui l'est bien sûr beaucoup moins aujourd'hui, puisqu'il me l'a révélée. Il a su utiliser ce qu'il lui fallait pour son personnage : à la fois une grande santé et cette grande naïveté. Il a aussi fait ressortir tout un côté méridional, ce qui a conduit certains journalistes à me comparer à tort à Raimu. Comparaison que je prends comme un grand compliment, naturellement... Il y a des rôles, comme ça, qui vous libèrent et vous enrichissent."

Claude Sautet, direction d'acteurs : "(Trouver chez les comédiens) cet âge mental caché au fond de chacun de nous et qui se situe dans l'adolescence". 
"(Les acteurs) c'est un ensemble comme en musique, ce sont des notes entre elles, tant horizontalement que verticalement, c'est-à-dire dans leur durée." 
"(Le tournage de César et Rosalie) fut un tournage difficile (...). Un climat pas toujours très bon entre les trois comédiens, c'est le moins qu'on puisse dire. Je devais sans cesse intervenir, alternant le chaud et le froid pour panser des blessures d'amour-propre et de susceptibilité. (...) Sami Frey était tétanisé, craignant de ne pas exister face à César (Yves Montand), d'être trop pâle et laminé par l'extraversion attractive de Montand. Je devais donc lui redonner confiance (...). La situation s'est améliorée pour Sami quand sont venues les scènes qui l'avantagent, notamment dans la course de voitures."
"Soyons justes, les comédiens nous aiment parce qu'ils attendent de nous qu'on leur permette de donner."

Citations extraites de Claude Sautet, par Sandra Marti, 
Les Grands Cinéastes, Gremese

Claude Sautet, direction d'acteurs : les comédiens nous aiment parce qu'ils attendent de nous qu'on leur permette de donner

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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