Orson Welles : "en ce qui concerne ma création, je dois dire que je change constamment. Au début, j’ai une notion-base du film que rendra plus ou moins l’aspect final du film. Mais, chaque jour, à chaque instant, on est dévié ou modifié par l’expression que l’on trouve dans les yeux d’une actrice, par la position du soleil. Je n’ai pas l’habitude de préparer un film et de me mettre à le faire. Je prépare un film, mais je n’ai pas l’intention de faire ce film. La préparation a pour but de me libérer, pour que je puisse travailler à ma façon : pour penser à des morceaux du film et au résultat qu’ils donneront ; et il y a des parties qui me déçoivent, parce que je ne les ai pas conçues assez complètes. Je ne sais pas quel mot employer, parce que j'ai peur des mots pompeux lorsque je parle de faire un film. Le degré de concentration que j’utilise dans un monde que je crée, que ce soit pour trente secondes ou pour deux heures, est très élevé ; c’est pour cela que, lorsque je tourne, j’ai beaucoup de mal à dormir la nuit. Ce n'est pas parce que je suis préoccupé, mais parce que, pour moi, ce monde a une telle réalité qu’il ne me suffit pas de fermer les yeux pour qu’il disparaisse. Il représente une terrible intensité de sentiment. Si je tourne dans un site royal, je sens et je vis ce site d'une façon si violente que, maintenant, lorsque je revois ces endroits, ils sont pareils à des tombes, complètement morts. Il y a des endroits de par le monde qui sont à mes yeux des cadavres, cela parce que j’ai déjà tourné là ; pour moi, ils sont complètement finis. Il y a un propos de Jean Renoir qui semble se rapporter à cela : « Nous devons rappeler aux hommes qu’un champ de blé peint par Van Gogh peut être plus passionnant qu’un champ de blé naturel ». Il est important de se rappeler que l'art surpasse la réalité. Le film devient une autre réalité."

(ORSON WELLES, Conversations avec Juan Cobos, Juan Antonio Pruneda et Miguel Rubio,
Cahiers du cinéma n°165, avril 1965)

Photos : 

Janet Leigh : Susan Vargas
La Soif du mal (Touch of Evil), Orson Welles, 1958

Janet Leigh : Susan Vargas La Soif du mal (Touch of Evil), Orson Welles, 1958
La Soif du mal (Touch of Evil), Orson Welles, 1958
Janet Leigh : Susan Vargas La Soif du mal (Touch of Evil), Orson Welles, 1958
Janet Leigh : Susan Vargas La Soif du mal (Touch of Evil), Orson Welles, 1958
Janet Leigh : Susan Vargas La Soif du mal (Touch of Evil), Orson Welles, 1958
Janet Leigh : Susan Vargas La Soif du mal (Touch of Evil), Orson Welles, 1958

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Au cinéma le 12 juillet : Song to Song / Terrence MALICK

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

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