Bertrand Blier, l'écriture de scénario : "Parfois j'ai la bonne idée, une idée globale : l'histoire qu'on peut raconter en trois minutes. (...) D'autres fois je pars d'une scène. Préparez vos mouchoirs a été écrit par le milieu : c'est parti d'une scène sur Mozart. Un an après, je me suis demandé pourquoi je l'avais écrite et j'ai découvert ce qu'il y avait derrière. J'ai fait sur cette scène un travail de flic ou de détective : pourquoi ces personnages s'intéressent-ils à Mozart ? Pourquoi se retrouvent-ils là ? Et j'ai reconstruit en avant et en arrière. Je commence à inventer, je fais travailler l'imagination et j'essaie de comprendre les mécanismes d'invention de l'histoire. Ce qui m'intéresse, et qui est transmissible, c'est comment on fait pour trouver. Le plus intéressant lorsqu'on travaille à deux, comme dit Gérard Brach, c'est tout ce qu'on se raconte autour du projet, les dissensions autour de ce que chacun a écrit. C'est dans ce matériau-là que se trouvent les meilleures choses à partir desquelles travailler. Il faut chercher les idées qui sont derrière les idées premières, travailler en analyste d'une situation. J'ai par exemple une idée de scène : Serrault entre, il s'asseoit et dit : "Je vous regarde". A partir de là, il faut essayer de faire la radiographie de cette idée et trouver l'histoire qu'il y a derrière, qui se développe progressivement. Les personnages lancés sur le papier se mettent à vivre. Un bon scénario contient une potentialité dynamique de départ qui le fait avancer et relance l'action en permanence, la fait déraper. Et c'est ce qui m'intéresse : que ça dérape. Mais en France, les gens sont déroutés par le fantastique et l'humour."

A la recherche de l'histoire, entretien avec Bertrand Blier (extrait), 
Le scénario des cinéastes
Cahiers du Cinéma 371/372 Cinéma Français, L'Enjeu Scénario, mai 1985, page 88
Entretien réalisé par Marc Chevrie et Danièle Dubroux

Bertrand Blier, scénario : ce qui m'intéresse : que ça dérape. Mais en France, les gens sont déroutés par le fantastique