Cahiers du Cinéma, à Pierre Richard : "Pour vous, qu'est-ce qui doit relever du scénario et qu'est-ce qui relève de la mise en scène ?"

Pierre Richard : "Ce qu'il n'y a pas besoin de noter dans le scénario, c'est peut-être le plus important : ce sont les regards. Des non-dits, les silences... Il faut même faire attention que le scénario ne soit pas trop un carcan tel que les acteurs n'aient plus la possibilité de laisser passer quelque chose de plus - inconsciemment d'ailleurs, et c'est ce qui est le mieux - que ce qu'ils ont à dire. Au fond, mon envie serait de faire un film muet. Les films muets n'étant pas embarbouillés par des dialogues qui parfois se laissent aller à une complaisance un peu trop grande, on ne dit que l'essentiel. Ou alors on ne comprend plus. En tout cas, sans aller jusque là - parce qu'un film muet maintenant, ça devient une sophistication - je ferai très attention dans mes prochains films à ce que les dialogues ne prennent pas toute la place, ne ferment pas une scène par exemple : c'est le dernier mot, donc on passe à la séquence suivante... Je préfèrerais qu'il y ait moins de mots et plus de place à ces regards de l'âme qui sont les plus importants, et que la caméra sent bien, elle".

(Extrait d'un entretien avec Pierre Richard réalisé par Fabrice Revault d'Allonnes,
Le scénario des cinéastes : Le gagman et l'inspirateur
Cahiers du Cinéma numéro 371/372 : Cinéma Français, L'Enjeu Scénario, mai 1985, page 99)

-> Cf Morgan Freeman : ce qu'il n'aime pas trouver dans un scénario (les indications de jeu, qui doivent relever de la liberté de l'acteur).

 

Pierre Richard : Je préfèrerais qu'il y ait moins de mots et plus de place à ces regards de l'âme qui sont les plus importants, et que la caméra sent bien, elle