Terrence Malick, Song to Song, Natalie Portman / Michael Fassbender, 2017

 

Gilles Deleuze, CINEMA I, L'Image-Mouvement :

"On sait que les choses et les personnes sont toujours forcées de se cacher, déterminées à se cacher quand elles commencent. Comment en serait-il autrement ? Elles surgissent dans un ensemble qui ne les comportait pas encore, et doivent mettre en avant les caractères communs qu'elles conservent avec l'ensemble, pour ne pas être rejetées. L'essence d'une chose n'apparaît jamais au début, mais au milieu, dans le courant de son développement, quand ses forces sont affermies. Cela, Bergson le savait mieux que quiconque, lui qui avait transformé la philosophie en posant la question du "nouveau" au lieu de celle de l'éternité (comment la production et l'apparition de quelque chose de nouveau sont-elles possibles ?) (...) 

Le cinéma à ses débuts n'est-il pas forcé d'imiter la perception naturelle ? (...) L'évolution du cinéma, la conquête de sa propre essence ou nouveauté, se fera par le montage, la caméra mobile, et l'émancipation de la prise de vue qui se sépare de la projection. Alors le plan cessera d'être une catégorie spatiale pour devenir temporel ; et la coupe sera une coupe mobile et non plus immobile."

Extraits des pages 11 et 12, Les Editions de Minuit 

Photo : Terrence Malick, Song to Song, Natalie Portman / Michael Fassbender, 2017