Andy Warhol, Edie Sedgwick & Chuck Wein, by Burt Glinn, 1965

Andy Warhol :

"Je préférerais rester un mystère, je n'aime jamais livrer mon « background » et, de toute façon, je l'invente différemment chaque fois que l'on m’interroge. (...)

Les interviews, c’est la même chose que s'asseoir à la Foire Mondiale dans ces voitures Ford qui vous promènent pendant que quelqu'un récite un commentaire ; j'ai toujours l'impression que mes mots viennent de derrière moi et pas de moi. L'interviewer devrait simplement me dire les mots qu'il veut que je dise et je les répéterais après lui. Je pense que cela serait très bien parce que je suis tellement vide que je ne trouve rien à dire. (...)

Les deux filles que j'ai le plus utilisées dans mes films, Baby Jane Holzer et Edie Sedgwick, ne sont pas représentatives du type de femmes à la mode ni de quoi que ce soit, je les ai utilisées seulement parce qu’elles sont remarquables en elles-mêmes. "Esquire" m'a demandé dans un questionnaire qui je voudrais voir jouer mon rôle et j'ai répondu Edie Sedgwick parce qu'elle fait tout mieux que moi. C'était une question superficielle, aussi ai-je donné une réponse superficielle".

(Propos recueillis par Gretchen Berg et parus pour la première fois dans l'édition américaine des "Cahiers du cinéma"
in Cahiers du Cinéma n°205, octobre 1968)

Photo : Andy Warhol, Edie Sedgwick & Chuck Wein, by Burt Glinn, 1965