Natalie Portman - Michael Fassbender - Ferrari rouge / SONG TO SONG / Terrence Malick

 

Photo : "Cet évanescent ballet romantico-philosophique se déroule dans des décors d’un luxe morbide frisant l’obscénité en nos temps de crise généralisée"
   - Une "critique" / assassinat moral de Song to Song (Terrence Malick) par Les Inrocks

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"je calculais si j'avais le temps d'aller ce matin commander le yacht et la Rolls Royce qu'elle désirait, ne songeant même plus, toute hésitation ayant disparu, que j'avais pu trouver peu sage de les lui donner"
"Le yacht était déjà presque prêt, il s'appelle, selon votre désir exprimé à Balbec, le Cygne. Et me rappelant que vous préfériez à toutes les autres les voitures Rolls, j'en avais commandé une"
(Marcel Proust, Albertine disparue)

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Marcel Proust, Le Temps retrouvé : "Je sentais que je n'aurais pas à m'embarrasser des diverses théories littéraires qui m'avaient un moment troublé – notamment celles que la critique avait développées au moment de l'affaire Dreyfus et avait reprises pendant la guerre, et qui tendaient à « faire sortir l'artiste de sa tour d'ivoire », à traiter de sujets non frivoles ni sentimentaux, à peindre de grands mouvements ouvriers, et à défaut de foules, à tout le moins non plus d'insignifiants oisifs – « J'avoue que la peinture de ces inutiles m'indiffère assez », disait Bloch – mais de nobles intellectuels ou des héros. D'ailleurs, même avant de discuter leur contenu logique, ces théories me paraissaient dénoter chez ceux qui les soutenaient une preuve d'infériorité, comme un enfant vraiment bien élevé, qui entend des gens chez qui on l'a envoyé déjeuner dire : « Nous avouons tout, nous sommes francs », sent que cela dénote une qualité morale inférieure à la bonne action pure et simple, qui ne dit rien. L'art véritable n'a que faire de tant de proclamations et s'accomplit dans le silence. D'ailleurs, ceux qui théorisaient ainsi employaient des expressions toutes faites qui ressemblaient singulièrement à celles d'imbéciles qu'ils flétrissaient."

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"En outre, il est aussi vain d'écrire spécialement pour le peuple que pour les enfants. Ce qui féconde un enfant, ce n'est pas un livre d'enfantillages. Pourquoi croit-on qu'un ouvrier électricien a besoin que vous écriviez mal et parliez de la Révolution française pour vous comprendre ? D'abord c'est juste le contraire. Comme les parisiens aiment à lire des voyages d'Océanie et les riches des récits de la vie des mineurs russes, le peuple aime autant lire des choses qui ne se rapportent pas à sa vie. De plus, pourquoi faire cette barrière ? Un ouvrier (voir Halévy) peut être baudelairien."

Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve, folio, page 304

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Paul Valéry, dans son hommage à Marcel Proust :

"Proust sut accommoder les puissances d'une vie intérieure singulièrement riche et curieusement travaillée, à l'expression d'une petite société qui veut être, et qui doit être, superficielle. Par son acte, l'image d'une société superficielle est une oeuvre profonde. Tant d'esprit devait-il s'y employer ? L'objet valait-il tant de soins, et une attention si soutenue ? - Ceci est très digne d'examen. Ce qui soi-même se nomme le "Monde" n'est composé que de personnages symboliques. Nul n'y figure qu'au titre de quelque abstraction. Il faut bien que tous les pouvoirs se rencontrent; que l'argent, quelque part, cause avec la beauté ; que la politique s'apprivoise avec l'élégance ; que les lettres et la naissance se conviennent et se donnent le thé. Sitôt qu'une puissance nouvelle se fait connaître, il ne se passe pas un temps infini que ses représentants n'apparaissent dans les réunions du "monde" ; et le mouvement de l'histoire se résume assez bien dans l'accession successive des espèces sociales aux salons, aux chasses, aux mariages et aux funérailles de la tribu suprême d'une nation. Toutes ces abstractions dont je parlais, ayant pour suppôts des individus qui sont ce qu'ils sont, il en résulte des contrastes et des complications qui ne s'observent que sur ce petit théâtre. (...) Il ne faut pas oublier que nos plus grands écrivains n'ont presque jamais considéré que la Cour. (...) Le très grand art, l'art des figures simplifiées et des types les plus purs, entités qui permettent le développement symétrique, et comme musical, des conséquences d'une situation bien isolée, est lié à l'existence d'un milieu conventionnel (...)" (Paul Valéry, in Oeuvres I, Pléiade, pages 773-774)

 

ATTI SMITH, to ROONEY MARA (Song to Song, Terrence Malick):   You realize that, um... you know, it's like the sea. Things come in and out. We feel happy and ecstatic. And then, you know, hours later, you know, we feel the deepest sorrows, or...

 

PATTI SMITH, to ROONEY MARA (Song to Song, Terrence Malick):

You realize that, um...
you know, it's like the sea.
Things come in and out.
We feel happy and ecstatic.
And then, you know, hours later,
you know, we feel
the deepest sorrows, or...

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Marcel Proust, Albertine disparue : "Si encore ce retrait en moi des différents souvenirs d'Albertine s'était au moins fait, non pas par échelons, mais simultanément, également, de front, sur toute la ligne de ma mémoire, les souvenirs de ses trahisons s'éloignant en même temps que ceux de sa douceur, l'oubli m'eût apporté de l'apaisement. Il n'en était pas ainsi. Comme sur une plage où la marée descend irrégulièrement, j'étais assailli par la morsure de tel de mes soupçons quand déjà l'image de sa douce présence était retirée trop loin de moi pour pouvoir m'apporter son remède".

 

Ryan Gosling - Rooney Mara / SONG TO SONG / Terrence Malick
Michael Fassbender / SONG TO SONG / Terrence Malick
Ryan Gosling - Rooney Mara / SONG TO SONG / Terrence Malick
Rooney Mara / SONG TO SONG / Terrence Malick
Rooney Mara / SONG TO SONG / Terrence Malick
Rooney Mara / SONG TO SONG / Terrence Malick
Natalie Portman - Michael Fassbender / SONG TO SONG / Terrence Malick
Natalie Portman - Michael Fassbender / SONG TO SONG / Terrence Malick
Rooney Mara - Fétichisme malickien : Baie vitrée et voile de rideau / SONG TO SONG / Terrence Malick

 

Rooney Mara, Natalie Portman, Michael Fassbender, Ryan Gosling

SONG TO SONG

Terrence MALICK

 

 

ERIKA LINDER model actress

 

Erika LINDER

One of the most impressive silver screen outings for a model to date - EYE FOR FILM

Model Erika Linder announces herself as a promising screen presence - VARIETY

 

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POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

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