"Which way should I go? ... How do I begin?" / "Quel chemin je dois suivre ? Par où commencer ?"  ​- Knight of Cups, Terrence Malick

 

Photo : "Which way should I go? ... How do I begin?" / "Quel chemin je dois suivre ? Par où commencer ?"
- Knight of Cups, Terrence Malick

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- "le début d'un film est une sorte de moment de grâce où le spectateur est disponible"

- "Il y a la théorie opposée"

Cahiers du Cinéma : "C'est vrai qu'à la seconde vision tout est absolument clair, alors qu'à la première on a parfois l'impression qu'on n'arrive pas à suivre." 

Jean-Louis Comolli : "ça m'embête beaucoup, parce que je ne vise pas du tout à ça, mais je n'ai pas trouvé de solution systématique à ce problème impossible : comment à la fois faire passer beaucoup d'informations et les rendre actives au cours d'une fiction ?" 

Cahiers du Cinéma : "Il me semble que, particulièrement dans la première demi-heure du film, tu exiges beaucoup du spectateur : on passe d'un lieu à un autre, on ne sait pas bien qui est qui, tu pratiques des ellipses tranchantes..." 

Comolli : "Je crois que le début d'un film, c'est une sorte de moment de grâce, où le spectateur est disponible à toute une série de coups de force, d'actes d'écriture apparemment arbitraires, dont il aura après la possibilité, par récurrence, de comprendre la nécessité, mais qui lui sont présentés comme on tire des cartes au début d'une partie. Dans le début d'un film il y a un processus d'apprentissage de la part du spectateur, qui le conduit à décoder les éléments qui lui sont donnés là, éléments d'écriture, la plupart du temps, dont il va faire son petit capital pour pouvoir jouer la suite de la partie." 

Cahiers du Cinéma : "Il y a la théorie opposée : des cinéastes qui essaient de "cueillir", dès la première seconde, le spectateur, et qui l'amènent après où ils veulent." 

Comolli : "ça c'est une chose que je subis comme tout le monde en tant que spectateur, mais que je n'ai pas très envie de faire pour ne pas gâcher le plaisir du jeu, parce que je préfère distribuer les cartes sans forcer la main." 

(A propos de L'Ombre rouge, Extrait d'un entretien avec Jean-Louis Comolli, par Alain Bergala et Alain Philippon, page 25 des Cahiers du Cinéma n°333, mars 1982)

 

L'Ombre rouge - Jean-Louis Comolli 1981 - Claude Brasseur : Anton Kovetz Jacques Dutronc : Léo Nathalie Baye : Anna