ANDREI ROUBLEV - VERSION RESTAUREE / Tarkovski : Pour le montage, mon principe est le suivant : le film est comme un fleuve : le montage doit être infiniment spontané, comme la nature même

 

Andrei Tarkovski, à Michel Ciment, juin 1969 : "Pour le montage, mon principe est le suivant : le film est comme un fleuve : le montage doit être infiniment spontané, comme la nature même, et ce qui m'oblige à passer d'un plan à un autre par le moyen du montage, ce n'est pas le désir de voir les choses de plus près, ce n'est pas non plus pour forcer le spectateur à se hâter en introduisant des séquences très courtes. Il me semble qu'on est toujours dans le lit du temps, ce qui veut dire que pour voir de plus près il n'est pas indispensable de voir en plus gros plan - c'est du moins mon avis. Et accélérer le rythme ne signifie pas faire des séquences plus courtes. Car le mouvement même de l'événement peut s'accélérer et créer une nouvelle sorte de rythme, de même qu'un plan général peut donner l'impression d'être détaillé - cela dépend de la façon de le composer. C'est pourquoi dans ces deux cas précis nous ne sommes en rien proches d'Eisenstein. De plus, je ne considère pas que l'essence de la cinématographie est la confrontation de deux séquences qui doit faire naître une troisième notion, comme le disait Eisenstein. Au contraire, le n-ième plan m'apparaît comme la somme du premier, du deuxième, du troisième... du cinquième, du dixième... plus "n-1" plans, c'est-à-dire comme la somme de tous les plans qui précèdent le n-ième. Et ainsi se forme le sens d'un plan, en relation avec tous ceux qui l'ont précédé. Tel est le principe de mon montage.

Pour moi, le plan isolé à l'état pur n'a aucun sens. Il ne tire sa plénitude que du fait qu'il est une partie d'un tout. Mieux encore - il contient déjà ce qui se passera après. Il est souvent incomplet - c'est ainsi qu'on le tourne - parce qu'on tient compte de ce qui se passera après. Je sais que dans une de ses dernières lettres (...) Eisenstein renonçait à son principe de montage et à sa manière de fixer sur la pellicule des scènes d'un caractère théâtral et cela au nom d'idées nouvelles qui, elles, sont très proches de moi. Mais il n'a pas eu le temps de les appliquer - la mort l'en a empêché."

Entretien à propos d'Andrei Roublev. A lire intégralement dans Michel Ciment, Petite planète cinématographique, Stock. Pages 227-228 pour l'extrait cité.

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Robert Bresson : "La même image amenée par dix chemins différents sera dix fois une image différente" (Notes sur le Cinématographe, folio, page 44)

 

Andreï Tarkovski - Cinq films russes (version restaurée)  Les 5 premiers chefs-d'œuvre d'Andreï Tarkovski en versions restaurées inédites.  L'ENFANCE D'IVAN, ANDREÏ ROUBLEV, SOLARIS, LE MIROIR, STALKER.

Andreï Tarkovski - Cinq films russes (version restaurée)

Les 5 premiers chefs-d'œuvre d'Andreï Tarkovski en versions restaurées inédites.

L'ENFANCE D'IVAN, ANDREÏ ROUBLEV, SOLARIS, LE MIROIR, STALKER.

 

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

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"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

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