Rooney Mara - Rimbaud / SONG TO SONG / Terrence Malick

 

Paul Valéry défend Terrence Malick (et Marcel Proust) de l'accusation de dépeindre des privilégiés.

 

Certaines critiques de 'Song to Song' reprennent les attaques entendues pour 'Knight of Cups' : reprochant à Terrence Malick son intérêt pour une micro-société, gens "riches, beaux, célèbres, et superficiels" (personnages et acteurs les incarnant). Paul Valéry défendait Proust contre ces mêmes attaques - sa passion pour l'aristocratie du faubourg Saint-Germain, équivalent des stars d'Hollywood aujourd'hui - personnages de 'Knight of Cups' (2015), ou stars du rock - personnages de 'Song to Song' (2017).

Paul Valéry, dans son hommage à Marcel Proust :

"Proust sut accommoder les puissances d'une vie intérieure singulièrement riche et curieusement travaillée, à l'expression d'une petite société qui veut être, et qui doit être, superficielle. Par son acte, l'image d'une société superficielle est une oeuvre profonde. Tant d'esprit devait-il s'y employer ? L'objet valait-il tant de soins, et une attention si soutenue ? - Ceci est très digne d'examen. Ce qui soi-même se nomme le "Monde" n'est composé que de personnages symboliques. Nul n'y figure qu'au titre de quelque abstraction. Il faut bien que tous les pouvoirs se rencontrent; que l'argent, quelque part, cause avec la beauté ; que la politique s'apprivoise avec l'élégance ; que les lettres et la naissance se conviennent et se donnent le thé. Sitôt qu'une puissance nouvelle se fait connaître, il ne se passe pas un temps infini que ses représentants n'apparaissent dans les réunions du "monde" ; et le mouvement de l'histoire se résume assez bien dans l'accession successive des espèces sociales aux salons, aux chasses, aux mariages et aux funérailles de la tribu suprême d'une nation. Toutes ces abstractions dont je parlais, ayant pour suppôts des individus qui sont ce qu'ils sont, il en résulte des contrastes et des complications qui ne s'observent que sur ce petit théâtre. (...) Il ne faut pas oublier que nos plus grands écrivains n'ont presque jamais considéré que la Cour. (...) Le très grand art, l'art des figures simplifiées et des types les plus purs, entités qui permettent le développement symétrique, et comme musical, des conséquences d'une situation bien isolée, est lié à l'existence d'un milieu conventionnel (...)" (Paul Valéry, in Oeuvres I, Pléiade, pages 773-774)

 

Marcel Proust : "En outre, il est aussi vain d'écrire spécialement pour le peuple que pour les enfants. Ce qui féconde un enfant, ce n'est pas un livre d'enfantillages. Pourquoi croit-on qu'un ouvrier électricien a besoin que vous écriviez mal et parliez de la Révolution française pour vous comprendre ? D'abord c'est juste le contraire. Comme les parisiens aiment à lire des voyages d'Océanie et les riches des récits de la vie des mineurs russes, le peuple aime autant lire des choses qui ne se rapportent pas à sa vie. De plus, pourquoi faire cette barrière ? Un ouvrier (voir Halévy) peut être baudelairien."

Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve, folio, page 304

 

SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman
SONG TO SONG / Terrence Malick
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Rooney Mara - Ryan Gosling
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman / Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman / Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman / Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman / Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Ryan Gosling chasse
SONG TO SONG / Terrence Malick / Ryan Gosling chasse
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman - Michael Fassbender
SONG TO SONG / Terrence Malick / Natalie Portman
SONG TO SONG / Terrence Malick / Rooney Mara - Tournage / Set

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

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"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

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