Your time on Earth. All you need to do is say yes. / Knight of Cups / Terrence Malick

"Your time on Earth.
All you need to do is say yes".

Knight of Cups / Terrence Malick

René Girard :

"Marcel n'a qu'à poser son regard "fixe et douloureux" sur un être quelconque et nous voyons se creuser, entre cet être et lui, l'abîme de la transcendance. Ce n'est plus l'image, ici, qui sacralise la perception, c'est la perception qui sacralise l'image. Mais Proust traite cette fausse image en image vraie et lui fait réfléchir le sacré d'emprunt qu'elle tient du médiateur. L'image renvoie vers le sacré comme un écho renvoie le son vers son lieu d'origine. Ce jeu n'est pas gratuit. Il ne détruit pas le réalisme du désir. Il l'accomplit parfaitement. Tout est faux, en effet, dans le désir, tout est théâtral et artificiel excepté la faim immense de sacré. C'est cette faim qui métamorphose les éléments d'une pauvre et positive existence dès que l'enfant découvre son Dieu, dès qu'il parvient à rejeter sur l'Autre, sur son médiateur, la toute puissance divine dont le fardeau l'écrase.
L'enfance privée de sacré parvient à revivifier les mythes défunts depuis des siècles ; elle anime les symboles les plus desséchés. Dans son décor bourgeois que nous lui pardonnons difficilement, Proust poursuit les mêmes fins que Nerval, un de ses écrivains favoris. Le Nerval de Sylvie sacralise la déesse Raison et transforme en véritables sanctuaires les fantaisies architecturales de grands seigneurs sceptiques. La vie métaphysique est si vigoureuse, chez certains êtres, qu'elle réapparaît dans les circonstances les plus adverses. Elle peut d'ailleurs aboutir à des formes assez monstrueuses.

La notion d'une transcendance déviée vers l'humain illumine la poétique proustienne. Elle permet de dissiper la confusion qui subsiste autour du Temps retrouvé. Ce qui est revécu, dans le contact avec une relique du passé, c'est la qualité transcendante du désir de jadis. Le souvenir n'est plus empoisonné, comme fut le désir, par le désir rival.

Marcel Proust : "Chaque personne qui nous fait souffrir peut être rattachée par nous à une divinité dont elle n'est qu'un reflet fragmentaire et le dernier degré, divinité dont la contemplation en tant qu'idée nous donne aussitôt de la joie au lieu de la peine que nous avions. Tout l'art de vivre, c'est de ne nous servir des personnes qui nous font souffrir que comme d'un degré permettant d'accéder à sa forme divine et de peupler ainsi journellement notre vie de divinités." (A la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé)

La mémoire affective retrouve l'élan vers le sacré et cet élan est pure jouissance car il n'est plus brisé par le médiateur. La petite madeleine est une véritable communion. Elle a toutes les vertus d'un sacrement."

(René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque, Pluriel, pages 97-98)

 

Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick
Life. A goddess. /  La vie. Une déesse. / Knight of Cups / Terrence Malick

 

"Life. A goddess."

Knight of Cups / Terrence Malick

 

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

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"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

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