DAVID LYNCH - TWIN PEAKS

 

Michel Ciment : "Y a-t-il des films où vous ayez senti une recherche proche de la vôtre, un désir de décrire les états mentaux ?"

Jane Campion : "C'est une chose courante en littérature  et je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas au cinéma. Il suffit de le vouloir, de désirer l'accomplir comme David Lynch. On ne découvre pas la vérité en développant seulement une intrigue mais en explorant plusieurs niveaux. Je ne désire pas seulement regarder les comportements mais découvrir les pensées et les émotions comme dans certains romans de Duras ou de Flannery O'Connor. (...)

Je pense que les gens sont très symboliques dans leur compréhension du monde. Les choses sont rarement ce qu'elles paraissent, elles sont la métaphore de ce qui est ou pourrait être. Et cela vaut aussi bien pour nos tourments intérieurs. Un jour une amie est venue habiter chez moi car elle était très troublée. Elle ne savait pas comment choisir entre deux hommes. Je me souviens que le monde entier devenait une métaphore de son problème personnel. Quand on faisait les courses ensemble et qu'elle remarquait des chaussures extravagantes cela signifiait pour elle qu'elle voulait vivre avec le garçon le plus aventureux ou au contraire que son propre esprit aventureux avait besoin de celui des deux qui était le plus stable. Quand on conduisait et qu'elle voyait une plaque minéralogique commençant par J cela voulait dire qu'elle devait vivre avec John. Nous faisons tous cela plus ou moins."

Extrait de Michel Ciment, Petite planète cinématographique, Stock, pages 487-488

 

DAVID LYNCH - TWIN PEAKS
DAVID LYNCH - TWIN PEAKS

 

DAVID LYNCH : TWIN PEAKS