Le Chant du cygne et L’Ours, deux pièces d’Anton Tchékhov, texte français de Georges Perros et Génia Cannac, adaptation Maëlle Poésy et Kevin Keiss, mise en scène de Maëlle Poésy. Photo Simon Gosselin

 

"Maëlle Poésy s'amuse que l' "on pose toujours les mêmes questions aux femmes-metteurs en scène, notamment celle de savoir si nous traduisons dans nos spectacles un point de vue féminin sur le monde. Mais on ne demande jamais aux metteurs en scène hommes s'ils imprègnent les leurs d'un regard masculin !" "Je ne m'envisage pas du tout comme femme metteuse en scène, mais comme metteuse en scène tout court, poursuit-elle. On fait du théâtre avec sa subjectivité, quelle qu'elle soit, et elle n'est pas réduite à la question sexuée." (...)

Elle s'étonne quand on lui dit que l'on peut voir, tout de même, dans sa mise en scène de L'Ours, un regard féminin porté sur la pièce de Tchekhov, une interprétation qui tranche avec celles qui ont souvent pu être apportées à cette oeuvre de jeunesse de l'auteur russe. (...) C'est plutôt que les rapports homme-femme y soient envisagés avec plus de subtilité qu'ils ne le sont le plus souvent dans cette pièce (...).

"J'ai conçu ce spectacle (Le Chant du cygne et L’Ours) comme un diptyque sur les regrets, les remords, le regard que l'on porte sur la vie qui a passé. Cette grande tirade misogyne, pour moi, elle est issue d'une blessure amoureuse. Les deux personnages, elle et lui, ont été blessés par l'amour. Elle, c'est une femme de feu, une femme de tête. Lui, il donne au départ l'impression d'être un macho mais en fait c'est un romantique qui a souffert à cause des femmes. Ce qui m'amusait, c'était ce moment où tous les deux fendent l'armure, et se laissent aller à tomber à nouveau amoureux".

Le théâtre étant en lui-même un laboratoire qui toujours remet sur l'établi le métier de vivre, ces questions sont évidemment liées chez Maëlle Poésy, à sa conception de son art. (...)

"La question des émotions, qui m'intéresse principalement, traverse les âges, et les sexes". (...)

La question des femmes, pour elle, est bien présente, sans heurts et sans ressentiments, mais elle entre surtout dans une question politique plus large."

Extraits de "La pensée est un apanage humain, et non genré". D'après un entretien avec Maëlle Poésy, par Fabienne Darge,
Alternatives théâtrales 129, juillet 2016 : Scènes de femmes. Ecrire et créer au féminin, pages 38-39.

Photo : Le Chant du cygne et L’Ours, deux pièces d’Anton Tchékhov, texte français de Georges Perros et Génia Cannac, adaptation Maëlle Poésy et Kevin Keiss, mise en scène de Maëlle Poésy. Photo Simon Gosselin

 

 

Maëlle Poésy

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

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"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

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