Pather Panchali | Satyajit Ray

 

Michel Ciment à Satyajit Ray : "Ce qui m'avait frappé à ma première vision de Pather Panchali, il y a vingt ans, c'est ce mélange de très petits détails, une fleur ou une jarre de grains, et de la conception cosmique qui rappelle la goutte de rosée de Tagore."

Satyajit Ray : "Oui, il a écrit un petit poème sur ce sujet dans mon album d'autographes. C'est que je n'avais que sept ou huit ans quand je l'ai rencontré pour la première fois; je lui avais donné mon livre d'autographes et il a écrit ce poème pour moi en disant : "Tu comprendras ce que cela veut dire quand tu seras plus grand"."

Michel Ciment : "Quel était-il ?"

Satyajit Ray : "L'idée, c'est que j'ai voyagé à travers le monde entier, j'ai vu des montagnes et des mers, tout. La seule chose que j'ai manquée, c'est d'avoir franchi le pas de ma porte pour voir une goutte de rosée sur une feuille d'herbe. C'est ce qu'il avait dit. C'est ce qui est évidemment au coeur de tous les arts : je crois que la peinture indienne exprime bien cela : c'est une grande concentration de détails qui suggère pourtant l'immensité : le macrocosme et le microcosme. C'est une des clés. Dans mes films, il y a évidemment une histoire, un thème, mais aussi autant que possible une concentration de petits détails de la conduite humaine, des détails de la vie, des objets."

Extrait d'un entretien de Satyajit Ray avec Michel Ciment, juin 1978, Paris. Entretien à lire intégralement dans Michel Ciment, Petite planète cinématographique, Stock, pages 680-681 pour l'extrait cité.

 

tournage de Pather Panchali | Satyajit Ray

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

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"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

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