Michel Ciment à Martin Scorsese :

"Quels sont vos projets ?"

Martin Scorsese : "Sur un scénario de Paul Schrader, je vais tourner en juin Taxi Driver en trente-quatre jours, alors que j'ai tourné Alice en quarante jours. Le personnage ressemble à Arthur Bremer, l'homme qui a tenté d'assassiner George Wallace. C'est quelqu'un du Middle West qui arrive à New York et conduit un taxi la nuit parce qu'il n'arrive pas à dormir.
New York est surréel, c'est comme l'enfer. Il y aura beaucoup de commentaires "off". Ce sera un mélange de Pickpocket (Bresson), Fuller et Mean Streets. Je ne sais pas comment on peut réussir ce mélange, mais je vois le film comme ça. Il tombe amoureux d'une fille qui travaille pour un candidat aux élections primaires et qui le rejette. La violence de la ville et son expérience avec la fille le poussent à tuer le politicien, mais il ne le fera pas et en même temps il commencera à vouloir sauver une prostituée de treize ans qui n'a pas envie d'être sauvée et qui est liée aux gangsters. Il en tue quelques-uns et devient un héros dans les journaux. J'espère que Bernard Herrmann fera la musique.

Ensuite, je voudrais faire une comédie musicale, New York, New York, qui se passe pendant les années quarante avec Robert De Niro (qui aura été le chauffeur de taxi) et Liza Minnelli.

Nous avons ultérieurement un autre projet sur la boxe.

Si tout va bien, je suis pris pour des années !"

 

Mai 1974, Cannes / mars 1975, Los Angeles,
Autour de Mean Streets et Alice n'est plus ici,
Entretien de Martin Scorsese avec Michel Ciment
A lire intégralement dans Michel Ciment, Petite planète cinématographique, Stock. Page 426 pour l'extrait cité.

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["Ce sera un mélange de Pickpocket (Bresson)..." cf Robert Bresson : "Scorsese est venu me voir : il a été charmant, il m'a dit des choses passionnantes, il est très nerveux, il avait le désir de m'aider parce que je ne travaillais pas. Cela m'aide beaucoup. Mais lui travaille encore avec des acteurs. Je suis allé voir son dernier film : il y a quelque chose. Il travaille avec des rythmes et des sons."]

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Photos :

Taxi Driver (1976),

New York, New York (1977),

Raging Bull (1980)

 

TAXI DRIVER 1976 - MARTIN SCORSESE - MOVIE POSTER - AFFICHE DE FILM
NEW YORK NEW YORK 1977 - MARTIN SCORSESE - MOVIE POSTER - AFFICHE DE FILM
RAGING BULL 1980 - MARTIN SCORSESE - MOVIE POSTER - AFFICHE DE FILM

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

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"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

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